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 it's alright, right? • Loar

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Dossier médical
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MessageSujet: it's alright, right? • Loar   Mer 30 Juil - 19:34:12

      Trois heures du matin, pas une seconde de plus ni de moins. Mes yeux étaient ouverts et fixaient le plafond immaculé, cherchant une quelconque fissure qui eut pu divertir la partie réflexion de mon cerveau. Rien. Je poussai un soupir qui se voulut désespéré, ou fatigué, sans me donner la peine de redresser ma carcasse. Beaucoup d’évènements étranges et terribles avaient peuplés mon séjour, court faut-il avouer, en ces lieux. Pourquoi n’étais-je pas encore sorti?

      Les souvenirs qui me lacéraient de l’intérieur étaient obstinés à rester. Ils étaient ancrés, me rappelant chaque jour ce que j’avais perdu et ce que je perdais en restant ici. Aussi me rappelaient-ils ce qui advenait de ma santé et comment je n’étais jamais en sécurité. Je pouvais me faire autant d’amis qui me plaisaient de faire, cela ne m’aiderait pas. Ne m’aidait pas. Ces personnes n’étaient pas à l’abris d’eux-mêmes ni de ce qui se passait autour.

      Notamment, je pensais à ces mutations. Aux réactions engendrées… disparaitraient-elles au fil du temps? Empireraient-elles? La question apparaissait à chaque éveil dans mon esprit. Elle m’agaçait et me faisait serrer les dents. Je soupirai de nouveau, mais me redressai cette fois. J’eus passé quelques heures au sol, incapable de dormir. J’avais fais intime connaissance avec un des scientifiques. J’ignorai encore mes sentiments sur le sujet. J’étais ébranlé, dans tous les cas. Je voulus me confier, mais à qui?

      Jesse était introuvable depuis quelques temps et l’inquiétude me rongeait. Je ne pouvais pas poser de questions, on ne me dirait rien. Ce doit être secret ou si cela se trouve, il avait réussi à s’échapper. Oui, j’espérais que ce fusse la réponse.

      Loar? Si je me faufilais dans sa chambre, peut-être je pourrais dormir une heure ou deux. Sa présence était un tel réconfort... je pouvais me détendre sans soucis. Ou moins. Je m’étirai et attrapai un chandail que j’eus porté quelques jours auparavant. Dans le noir je ne pus distinguer la couleur, mais puisqu’elle était claire, elle me permettrait de rester presque inaperçu dans les couloirs. Ces murs et planchers qui aveuglaient presque. Un frisson m’éveilla davantage tandis que je sortais de ma chambre, ma patte sur la poignée qui se refermait sans un bruit. J’étais un professionnel pour ce qui était de sortir en silence.

      D’une aile de bâtiment à une autre, aucune présence étrangère. En ouvrant la porte, regardant à l’intérieur, vide. Il n’y avait pas un souffle de vie dans la pièce. Aux toilettes? Ce fut ma première hypothèse. Je ne voulais pas sauter aux conclusions, je ne survivrais probablement pas deux disparitions aussi proches l’une de l’autre. Je commençai par m’asseoir au pied du lit, au sol, savourant la fraîcheur. J’attendis presque soixante minutes sans rien faire. Sans non plus avoir sommeil.

      Tu es tout seul, et ceux que tu pensais tes amis n’en sont pas… murmura la voix. Elle résonnait contre les parois de mon crâne, me rendait fou.

      J’étais inquiet, ou à moitié, essayant de me raisonner avec des explications tout à fait plausibles. Certes, certaines étaient tirées par les cheveux mais n’avaient pas besoin d’être mentionnées. Je sortis à la hâte de la chambre, il n’allait pas se pointer. Je m’étais rendu à cette évidence et donc comptait le trouver. Il devait être dans l’institut, suffisait de trouver la localisation exacte. Et s’il était dehors…? Je ne voulais pas sortir du bâtiment. Il était évident que je perdrais un bout et que je me réveillerais encore parmi les tombes. Hors de question.

      Les recherches débutèrent au premier étage avec les toilettes, le foyer et même les escaliers. Pas une âme en vue. Les couloirs étaient complètement déserts, mais à cette heure-là ce n’était pas très étonnant. Je n’eus même pas croisé le gardien. Je ne voulais pas le croiser non plus… Et s’il était dans la chambre de quelqu’un d’autre? C’était possible aussi. Je n’allais pas fouiner toutes les chambres quand même. Et à l’infirmerie? Ou du moins ce qui sert de ça. La salle de repos, n’était-ce pas une salle avec des lits? J’eus peur que la porte ne soit verrouillée, mais m’y rendit quand même. Je m’approchai lentement, curieux et incertain. Que ferais-je si je voyais le jeune homme? Je ne pourrais contenir mon soulagement. Patte sur la poignée, tour de poignet, aucune résistance. Mon cœur atteignit ma gorge, mais je gardai les lèvres obstinément pincées. D’abord, je ne vis pas grand-chose, puis la clarté se fit avec l’aide des rayons de la Lune. J’eus trouvé ce que je cherchais.

      « Loar! » m’écriai-je, en chuchotant bien évidemment, l’inquiétude se déversant dans son prénom. Mon cœur retourna à sa juste place, puis je m’approchai à pas feutrés. Ça ne va pas? Lui demandai-je en silence, me plaçant à genoux à côté du lit. Je pris sa main, la serrant doucement.
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MessageSujet: Re: it's alright, right? • Loar   Dim 3 Aoû - 11:33:34

Cela faisait un petit moment que tu étais là, allongé sur ce lit immaculé, si immaculé qu'il te faisait mal aux yeux, les yeux dans le vague, l'esprit ailleurs et la peur nichée dans un coin de ton coeur. Tu n'arrivais pas à trouver le sommeil. Pire, tu ne le voulais pas. Tu craignais de t'endormir, de fermer tes paupières et de revivre ce qui s'était passé. L'odeur du sang refusait de quitter tes narines. Cette vision de mer ensanglantée sur laquelle marchait un être fait d'ombres, de fragments de cauchemars et de terreurs nocturnes refusait de te laisser en paix.

Tu te savais pourtant en sécurité à l'institut. Mais quelle sécurité ? Un frisson d'angoisse lécha ton dos sournoisement. Tu allais mettre un certain temps à t'en remettre, cela était certain. Et il y avait tellement de questions qui tournaient dans ta tête, notamment sur cette voix que tu avais entendu. Qui était-elle ? Elle te semblait si familière et en même temps si... étrangère. Comme un double oublié que tu n'aurais jamais croisé de ta vie et qui surgit enfin, sorte de doppelgänger invisible qui ne fait que murmurer ses paroles non loin de ton oreille.

Sans le vouloir, tu t'endormis, épuisé. Pour aussitôt rouvrir les yeux dans un cri silencieux, te redressant sur le lit, plaquant tes paumes contre tes tempes, grimaçant de douleur, traversé par un magma confus d'émotions d'où surgissait la peur et une autre émotion plus profonde, plus viscérale, qui ne semblait pourtant pas venir de toi. La terreur.
Tu te redressas légèrement, les cernes commençant à marquer ton visage en de légères traces sous tes yeux. Rien de bien inquiétant pour le moment. Ton regard dériva vers la fenêtre qui laissait voir l'astre lunaire. Un certain apaisement se répandit dans ton corps alors qu'une tristesse mélancolique s'installa dans ton âme. Curieux sentiments, curieuses sensations. Tu t'assis sur le rebord, tête penchée, observant tes mains qui brillaient, avant de relever faiblement la tête en entendant la porte s'ouvrir.

La voix qui prononça ton prénom, tu la reconnu aussitôt. C'était Lean, et il était inquiet. Tu ressentis un faible pincement au coeur pour l'avoir fait s'inquiéter, mais tu n'y étais pourtant pour pas grand chose dans cette histoire.

Tu plongeas tes yeux dans ceux de l'irlandais, serrant sa main. Tu aurais bien tenté de le rassurer, de lui dire que ça allait, mais tu ne pouvais juste pas. Tout était confus dans ta tête et tes iris retransmettaient en silence ta fatigue, ta peur et une certaine détresse. De toute manière, comment aurais-tu pu cacher ton état ? Tu ne pouvais pas le faire, tu étais trop honnête. Surtout avec Lean en fait. Et même pour le protéger où lui faire croire que tout allait bien, tu ne pouvais longtemps garder l'écran de fumée que tu érigeais avec des mensonges.

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MessageSujet: Re: it's alright, right? • Loar   Lun 25 Aoû - 20:55:52

      Le contact de sa peau contre la mienne, aussi glaciale soit-elle, me fit le plus grand bien. Aucun détail n’eut été pris en compte sur le moment— pas l’aspect brillant de son derme ni les cernes sous ses iris dorés. Ce qui m’eut frappé d’abord et avant tout était le désespoir que je pouvais percevoir dans son regard. Cette souffrance invisible, pourtant si lourde, de souvenirs douloureux et terrifiants. Auxquels il ne pouvait probablement pas échapper… encore moins s’il s’endormait. Ceux-ci s’agitant encore dans son esprit privé de repos. Je ne l’avais pas réveillé, je pouvais affirmer cela avec certitude.

      « Je t’attendais, dans ta chambre… mais je n’ai rien touché… » avouai-je d’une voix étouffée. J’avais les dents serrés sans m’en rendre compte. Ma mâchoire protestait contre ce traitement alors je fis de mon mieux pour apaiser mes sentiments. Je n’en avais qu’une multitude de trop en ce qui concernait le Breton. « Qu-qu’est-ce qu’ils t’ont fait...? Ce sont eux… qui t’ont fait quelque chose? »

      Toutes les questions ne suffisaient pas à savoir ce qui se tramait derrière les orbes du jeune homme. Je le savais, et pourtant m’entêtait à en poser quelques unes. Je ne voulais pas rester dans l’obscurité et je pouvais comprendre le résultat chimique de ses expériences, je ne connaissais pas les bouts techniques de l’histoire. Si ces scientifiques avaient osés faire du mal à un des patients… alors personne n’était à l’abris de leurs outils.

      Je lâchai sa main pour grimper sur le lit, restant au-dessus des draps. Étirant une patte devant moi, je pus caresser son menton et sa joue, cherchant à le réconforter par quelconque moyen que j’eus possédé. Je ne pouvais pas le bombarder de questions pour savoir ce qui s’était passé. Je ne pouvais qu’attendre. S’il ne voulait pas en parler, je comprendrais aussi. Mais je continuerais à m’inquiéter, évidemment.

      « Tu n’as pas… besoin de me dire, en fait… je comprendrais… »

      Doucement, je glissa la patte dans sa tignasse de boucles sombres et vint poser mon front contre le sien. Je pouvais le veiller durant les dernières heures de la nuit, il avait probablement besoin de fermer l’œil si ne serait-ce qu’une ou deux lapse de soixante minutes.

      « Veux-tu dormir…? Je veillerai sur toi… j’ai pas sommeil étrangement… » Je lui offris un sourire léger, quelque peu lasse, mais muni de toute la chaleur que je possédais. Il en avait besoin, vu la température que je pouvais percevoir.

      Ce fut en le regardant plus attentivement que je remarquai la lumière de la Lune se refléter sur sa peau. Ne brillait-il pas, là? Était-ce sa mutation? Ou une crème à paillettes… j’eus un léger sourire à cet idée. Drôle, mais stupide tout de même. J’eus ramené ma patte vers moi, effleurant sa mâchoire. « Tu brilles… ou je rêve? » Bon, ce n’était pas la remarque la plus pertinente, mais je pouvais blâmer l’heure. Était-il déjà cinq heures? Je l’ignorais. Je n’avais ni montre, ni horloge sous le nez.
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MessageSujet: Re: it's alright, right? • Loar   Lun 25 Aoû - 21:57:31

Ses mains étaient chaudes, douces... Voila la première impression qui te traversa l'esprit lorsque Lean lia vos corps. Puis tu te repris, clignant des yeux sous l'effort. Non... L'irlandais n'avait pas des mains, mais des pattes. Des pattes présentement de velours, comme celles des chats. En même temps, il avait tout d'un chat...
Ton esprit divaguais, alors que tes iris dorés s'amarraient à ceux, vert émeuraude, de celui qui avait pris, sans même le vouloir, sans même le désirer, une place sans doute trop grande dans ton esprit et dans tes émotions. Tu t'accrochais faiblement à lui comme à une bouée de sauvetage. Tu avais tellement peur de sombrer, loin, trop loin, dans les abysses de ton être, et de ne pouvoir remonter. Tu avais peur de te noyer dans tes songes devenus cauchemars, dans ces souvenirs qui n'en finissaient pas de tourner en une valse aussi malsaine que brisée.

Sa voix ramena ton attention dispersée par les sentiments épuisants qui te parcouraient. Tu esquissas un faible sourire à la première phrase, secouas la tête à la seconde. Tes mots, eux, refusaient de sortir, menaçant de débloquer le frêle barrage qui s'était mis en place dans ton esprit en vue d'éviter la rupture, la perte de contrôle. Tes nerfs semblaient s'aiguiser au même rythme que les secondes s'écoulant entre vos deux corps, silencieuses et mortelles.

Vos mains se séparèrent, provoquant un flottement dans tes pensées, flottement désagréable mais heureusement vite limité, alors que Lean te caressait la joue, te calmant doucement. Tu fermas doucement les yeux, un frêle soupir sortant de tes lèvres, avant de rouvrir tes paupières, l'écoutant te parler une nouvelle fois. Ne pas parler... Cela semblait être la meilleure des solutions mais... En était-ce vraiment une ? Etait-ce vraiment une solution que de se taire, que d'essayer d'oublier cela alors que tu sais pertinemment que tu vas t'en rappeler éternellement ?

Et puis... Même s'il tentait de le cacher, tu ressentais l'inquiétude de l'irlandais, de par votre proximité. Nul doute que ce sentiment ne le quitterait pas. Tu refermas les yeux, alors que tes lèvres bougèrent, brisant faiblement le silence qui s'était posé autour de vous

-J'ai... vu un cauchemar...

Tu ne sais pas si ces quatre mots, fragments de voix arrachés à tes cordes vocales, avaient été entendu. Pour le moment, tu appréciais de ton mieux la présence si proche de Lean, qui venait de poser sur front contre le tien, caressant tes cheveux, te faisant te détendre progressivement, laissant par la même une ou deux larmes glisser sur tes joues pâles.
Tu secouas la tête. Tu ne pouvais pas trouver le sommeil. Pas maintenant, malgré ta fatigue et malgré ton envie de glisser dans les bras de Morphée.

Te redressant légèrement, tu souris à Lean lorsqu'il te fis la remarques sur ta peau. Oui, tu brillait. Et de partout désormais, depuis peu, ce qui expliquait le froid qui parcourait tes membres.

-Tu ne rêves pas...

Doucement, timidement, tu caressas la joue de l'irlandais, replongeant dans ses yeux. Vous étiez si proches... Et toi si perdu. Dehors, l'astre lunaire brillait doucement, rehaussant ta peau de milliers de cristaux de nacres qui luisaient sous ses rayons. Tu n'étais même plus sûr d'être dans la réalité, alors tu te raccrochais à ces yeux face à toi, en silence.

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MessageSujet: Re: it's alright, right? • Loar   Sam 30 Aoû - 0:31:28

      Je m’eus imaginé sortir la langue et happer ces gouttes salées; est-ce que cela l’aurait répugné ou est-ce que cela aurait porté un énième sourire à ses lèvres? Je n’aimais pas voir la douleur ombrer ces traits ainsi. Nous étions séparés par ce secret qui pesait lourdement sur nos consciences, bien que je ne sache pas ce qu’il était.

      Des cauchemars. Une peau nacrée. Les deux étaient-ils liés? Je l’ignorais encore, mais je pouvais probablement assumer que cette brillance était sa mutation. Ou du moins, une partie de celle-ci. Après tout, la mienne ne s’eut pas limité à ces pattes félines— une tâche de poil blanc avait envahi une partie de mon buste. Parfois, je la caressais, mais je n’eus jamais dans l’esprit de l’avouer à quiconque. Ni à Loar, ni à personne. Mon regard absinthe restait ancré dans celui du dit Loar, tentant par la seule force du vouloir de m’immiscer dans cet océan doré qu’était ses iris. Si j’eus la possibilité de pénétrer au creux de sa voûte crânienne, pas physiquement bien-sûr, et de voir ces cauchemars qui le hantait…

      Je les aurais affrontés, les aurait absorbés ou encore les aurait effacés. Malheureusement, je ne me croyais pas en mesure d’y parvenir. Tout ce qui m’eut resté alors était le réconfort d’être à ses côtés, de pouvoir le protéger d’une tierce présence qui pouvait apparaître. Le Chat en moi dormait, ou me laissait croire qu’il n’était pas intéressé à se manifester pour le moment. Nous pouvions profiter de ces instants de paix, avant que le soleil ne s’eut levé et n’eut éveillé Naicelea.

      « Ce n’est pas aussi embêtant que des pattes… tu as de la chance... » soufflai-je en affichant un doux sourire. Je m’eus distancé à peine, laissant un espace entre nos visages, puis je me redressai complètement et me posai sur mes arrières. J’étais logé, confortablement, entre ses longues jambes. « Est-ce que tu es… blessé? »

      Lorsque la cinquième heure du matin sonnerait, j’eus l’intention de rejoindre la cuisine et de préparer mon thé noir aux épices. La clé était, après tout, déjà dans ma poche. Pratique les poches de pantalon, que ce soit un pyjama ou un habit de tous les jours. J’affectionnais les poches. Bref.

      « Plus tard… j’irai faire mon chai. C’est du thé noir… infusé avec du lait et des épices… je peux en préparer pour nous deux… » J’étais légèrement gêné, n’ayant pas l’habitude de partager ce breuvage avec les autres. La plupart n’étant pas très aventureux en matière du palais. J’eus appris l’existence de cette boisson chaude lors d’un voyage en Inde; je la buvais depuis (à tous les matins, s’entend). J’étais incapable de m’en passer; elle constituait une partie cruciale de ma routine. « T-tu n’es pas obligé d’en boire… peut-être tu peux juste m’accompagner… à la cuisine… »

      Je frottai ma joue avec le dos de ma patte, persuadé que cela effacerait la rougeur qui y était apparue. « Je ne veux pas te laisser seul… » Mais l’obliger à bouger alors que son corps le faisait souffrir n’était pas dans mes intentions. Je ne savais pas encore si c’était le cas. Il n’était pas forcément blessé physiquement, je n’étais pas en mesure de le savoir. Pour ma part…

      Deux incisions encore fraîches étaient dissimulées par mes vêtements. Rien de grave, rien de quoi lui faire part. C’eut été de ma faute, de toute façon… comme la cicatrice dans ma paume.
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MessageSujet: Re: it's alright, right? • Loar   Dim 21 Sep - 14:23:45

Vous étiez assis sur le lit, en silence, observant les iris de l'autre, tentant de percer, de révéler ce qui se cachait derrière, de vous réconforter mutuellement sans doute. Tes doigts frôlaient doucement la joue de Lean, comme si tu avais peur de le voir s'effacer sous ta peau brillante, peur aussi déraisonnable qu'elle te semblait pourtant fondée.
L'irlandais te sourit doucement suite à ta réponse sur ta mutation pour le moins voyante

« Ce n’est pas aussi embêtant que des pattes… tu as de la chance... »

Tes lèvres esquissèrent un nouveau sourire alors que le jeune homme pris place plus confortablement entre tes jambes, avant de te poser une nouvelle question

« Est-ce que tu es… blessé? »

Ce fut à ton tour de répondre, d'ouvrir tes lèvres et de laisser sortir ta voix :

-Non, je n'ai rien... Désolé de t'inquiéter...

Doucement, tu caressas les cheveux de Lean, redevenant silencieux. Tu n'aimais guère parler, en ce moment encore moins qu'avant, plongeant dans un mutisme pernicieux et incontrôlable. Un frisson te lécha le dos, frisson de froid et de fatigue, mais tu n'y fis pas plus attention que cela.

Tu ne sais pas combien de secondes ou de minutes se sont écoulées lorsque Lean te propose de venir à la cuisine afin de partager un thé que tu n'as jamais goûté. Cela attisa ta curiosité, qui se mit à danser dans tes prunelles fatiguées tandis que tu souris doucement en regardant l'irlandais rougir et se frotter les joues. Tu rougis légèrement à ton tour lorsqu'il t'avouas n'avoir pas envie de te laisser seul. Ton coeur avait fait un bond de joue et un sourire timide avait pris place sur tes lèvres, alors que tu répondis doucement :

-J'aimerai bien goûter... Merci Lean'...

Tes doigts frôlèrent une nouvelle fois sa joue avec une certaine tendresse. Tu te sentais apaisé avec lui, malgré tes souvenirs encore trop frais et le froid qui parcourait tes membres. Tu étais bien incapable de dire pourquoi, mais c'était ainsi.
Tu ne savais pas trop quoi faire, hésitant à prendre l'irlandais dans tes bras afin de l'étreindre. C'était une envie qui était là et qui attendait, patiente, que tu te décides. Mais tu ne voulais pas brusquer les choses, malgré ce besoin de le faire. C'était étrange, curieux, et d'un certain côté tu appréhendais la réaction du principal intéressé... Tu te relevas doucement, rapprochant ton visage de celui de Lean, ta paume posé sur sa joue, de légères rougeurs colorant tes joues qui jusque là étaient pâle...

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MessageSujet: Re: it's alright, right? • Loar   Mar 7 Oct - 15:14:49

      Nos yeux, comme deux entrées vers des univers secrets, se faisaient face et s’échangeaient des mots que personne n’aurait pu comprendre. Et pourtant, il n’y avait aucun malentendu ni de désaccord entre eux. Je percevais dans ce regard doré, sur la rougeur de ses joues, une action réprimée. Une hésitation qui l’empêchait d’agir. J’eus voulu l’étreindre de toutes mes forces si, en effet, aucun mal physique ne l’affligeait— et m’en empêchait. Ce n’était pas parce que j’eus peur de le blesser, ou de n’en avoir pas été donné la permission. La raison était plus simple, et pourtant n’était pas suffisante pour m’empêcher de faire ce que je voulais. Il finirait par s’en rendre compte, comme il lui arrivait de le faire, sans que j’eus à prononcer une seule syllabe— ou un son— concernant mes blessures.

      « Alors je t’emmènerai…et te ferai goûter, » soufflai-je avec un sourire aux coins des lèvres. Mon souffle caressant les mèches sombres qui tombaient sur son visage.

      Doucement, d’un geste si lent qui fut à peine perceptible, mon menton vint se loger sur son épaule. Il fut déposé aussi délicatement qu’une plume. D’un bras je l’eus enlacé; celui qui n’avait pas été abîmé par une lame de scalpel. Celui-ci restant replié vers mon ventre creux. Je ne pouvais pas non plus me coller à lui, de peur que les sutures et les pansements ne laissent échapper mon sang. À la vue de celui-ci, je craignais pas pour la douleur qui puisse en découler, ni des tâches qui pouvaient faire douter les médecins sur l’état de Loar, mais plutôt pour la réaction que ce dernier aurait. La plaie du torse était plus large que celle sur l’intérieur de l’avant-bras.

      Le silence nous enveloppait telle une coquille fragile. Aurais-je ajouté un mot de plus, je l’aurais peut-être brisé. Je décidai de fermer les yeux, profitant seulement de cet instant jusqu’à ce qu’il ne vienne à une fin. Son odeur me réconfortant— me rassurant qu’il n’était pas ailleurs que juste là, sous mon menton et appuyé contre mon bras. Qu’il n’était pas une illusion et que ce qu’il disait était vrai. Mais de là à avoir dit… rien.

      Certes, rien de visible. Mais ce qui le rendait plus muet que d’ordinaire n’était pas rien. Sa voix n’eut trahi aucun indice sur ce qui lui était arrivé et j’étais obstiné à vouloir savoir, à vouloir être part de son entourage près à l’aider. Pour l’instant, l’aider devait se résulter à être là, de ne pas poser de questions et d’attendre. Peut-être il n’en dirait jamais rien de plus qu’avoir vu un cauchemar. Je comprendrais, en ayant vu de différents et ne désirant pas en parler non plus. Nous pouvions rester des heures ainsi, ce n’était pas difficile ni inconfortable. Si cela ne le dérangeait pas ou jusqu’à ce qu’il ne veuille dormir…

      « … mais si tu t’endors… je ne voudrai pas te réveiller… devrais-je? »

      J’eus chuchoté, les mots peinant même de se rendre à mes oreilles. Évidemment, il n’avait pas l’air près de dormir, du moins pas plus que d’habitude puisqu’il semblait toujours prêt à fermer les yeux et tomber parmi les rêves. Mais le cauchemar reviendrait le hanter, certainement, mieux valait rester s’il venait à s’endormir. Et là, je ne pourrais pas aller boire de chai. Pas à cinq heures, puisque l’heure approchait certainement. J’étais programmé, après tout…
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