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 [Event été] Let's play

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MessageSujet: [Event été] Let's play   Dim 22 Juin - 15:04:05

Mon mal de crâne a heureusement relâché son étau...

Un piano et de nombreux autres instruments ont été installés sur la scène, près de la piscine. Cela m'en fait d'ailleurs froncer les sourcils, mais heureusement, M. Daw semble avoir prévu tout le nécessaire pour assurer notre sécurité. Pour tout avouer, je doute de résister à une décharge d'une centaine de volts, j'ai déjà bien du mal à supporter les assauts du soleil. Je soupire un peu et, une partition sous le bras, je m'approche du piano. J'ai quelque peu coiffé mes cheveux bouclés. Les lumières qui éclairent la scène me font grimacer. Nous ne sommes guère nombreux à vouloir jouer de la musique, ce soir... Et j'ai été surpris de voir que Dennis semblait intéresser.

Dennis. Mon cousin. Qui aurait crû que je puisse le retrouver en ces lieux ? Et... Dans cet état... Je sais parfois faire preuve d'une patience digne d'un ange, avec lui. Mais d'autres fois, je n'ai pas l'énergie de supporter ses oublis, de répondre à ses questions, et je l'envoie balader avec toute la négligence que je suis capable de montrer. Pourtant, je suis heureux... d'être avec lui. Et je suis bien soulagé qu'il oublie, à chaque fois, les remontrances que j'ai pu lui faire subir la veille. Je m'installe au piano, vérifie que les notes sont justes. Je lève les yeux pour voir la piscine à une petite dizaine de mètres. Pour l'occasion, j'ai enfilé un simple jean noir, une chemise bleue. Mes vêtements flottent, ne font qu'amplifier l'impression de maigreur que je dégage... Mes mains tremblent sous l'épuisement, mais je compte bien jouer au moins un morceau ce soir. Je soupire à cette idée et je redresse une nouvelle fois la tête. J'espère que Dennis a réussi à suivre le plan que je lui ai confié ce matin, quand je me suis exercé à jouer dans la salle de musique...
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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Lun 23 Juin - 9:07:32

Je croyais être le seul à être malade… Mais finalement toutes les personnes vivant dans cet institut semblaient être atteintes du même mal. Sans que celui-ci ne se manifeste de la même manière à chaque fois. Je n'avais pas encore pu m'intégrer à un groupe et encore moins me faire des amis. Je ne suis pas là pour cela, de toute façon je ne sais plus comment faire. J'ai oublié… Le mode d'emploi. Je crois que je peux le dire ainsi. La seule personne dont je m'étais réellement rapproché c'était… Mon cousin. Thimothy. J'étais heureux de le voir là, je ne me sentais pas abandonné à mon sort de cette manière.

Depuis que j'étais arrivé en ces lieux, divers changements s'étaient produits. Mes pertes de mémoire n'étaient plus aussi douloureuses, je n'avais plus cette sensation d'oppression ni ces étranges visions. Sans compter que mon amnésie semblait s'être stabilisée, me laissant un peu moins de sept jours pour retrouver une partie de ma personnalité. Maintenant que Thimothy est là, j'en apprends un peu plus sur mon enfance, du moins j'ai pu rajouter quelques-unes de ses anecdotes personnelles à ce tableau qu'est ma vie. Mais je le sollicite parfois trop et lui-même y perd patience. Alors je fais mine d'oublier ses moments parfois difficiles pour le revoir le lendemain comme si rien n'était, jusqu'à ce que mon amnésie soit véritable et que je doive tout recommencer.

Ce jour me permettrait de me détendre. J'avais un plan entre les mains pour pouvoir me rendre là où se trouvait la fête, près de la piscine. Drôle d'endroit pour y installer des instruments. Là-bas, je le vis enfin, installé au piano. Réajustant ma chemise autant que ma cravate – certaines habitudes sont trop ancrées en moi pour que je les oublie – je m'approchais de la scène sans pour autant me mettre dans le champ de vision de l'artiste, me contentant de le regarder jouer. Il semblait si affaibli… Très délicatement, je m'approchais pour venir m'asseoir à ses côtés et mes mains hésitantes se joignirent aux siennes pour effleurer les touches du piano.

"J'ai mis un peu de temps à trouver, mais ton plan m'a bien aidé cher Cousin. Comment te portes-tu ?"

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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Mar 24 Juin - 9:55:52

Je sens mon cousin approcher sans même avoir besoin de tourner la tête. Je sens... Son odeur. Ce parfum très léger, à peine perceptible, qu'il aime à se mettre, cette odeur tout particulièrement marquée vers les coins de sa mâchoire. Quand je me penchais pour lui montrer les touches du piano... J'avais pu le sentir. J'avais pu voir ses veines bleues, leur tracé si harmonieux sous sa peau nacrée. Que se serait il passé si elles avaient éclaté ? Si je les avais percées ? Je me surprends à imaginer le spectacle de ce sang qui dégouline, cette cascade rubescente qui inonde sa peau blafarde, dessine les creux, les reliefs de son derme, imprègne ses vêtements... Bon sang, qu'est ce qu'il me prend ? Mes mains tremblent légèrement alors qu'il s'installe près de moi. Ces idées préoccupantes devenaient de plus en plus puissantes. Présentes. Il faudrait que je trouve quelque chose, qu'une drogue calme tout ça... Avec l'été, les températures montent, les jours s'allongent...
Et je fatigue de plus en plus vite. La chaleur m'assèche. Benedict me soutient... Et j'ai à présent mon cousin qui m'aide à trouver la force de me remuer un peu, d'essayer de sortir de cet état.

Je tourne enfin les yeux vers lui et lève un sourcil à la vue de son costume. Il le porte tout le temps... Je me demande si il le supportera quand il fera 35. Ses yeux, légèrement différents des miens, se lèvent vers mes prunelles et j'y vois son sourire avant qu'il ne me l'offre. Mon cousin est un homme doux, paisible. Il me rappelle un peu Benedict, avec ses manières, des manières que j'ai jetées au feu depuis longtemps. Je sais les utiliser pour charmer des demoiselles, mais ça s'arrête à là. Parfois, quand je suis en forme et de bonne humeur, je le taquine et l'encourage à se lâcher. Quand je suis grognon, je m'assombris davantage jusqu'à ce que sa douceur parvienne à soulager un peu mon humeur de chien. Je le vois effleurer alors les touches de l'instrument, du bout de ses doigts moins fins que les miens, mais tout aussi longs. Je sais aussi qu'il les a assez agiles. Il est difficile à croire que j'arrive même à perdre le peu de chair que j'avais sur mes mains... Quand est ce que cela s'arrêtera ? Quand je serais dans un fauteuil, incapable de me traîner ?

_ Ça va... Je suis content de te voir. Je pensais que j'allais devoir venir te chercher ! Et appelle moi donc Thimothy, je te l'ai déjà dit... C'est une fête, on s'amuse, te prends pas la tête ! Qu'est ce que je vous disais... Sa simple présence suffit malgré tout à soulager mon humeur, tout du moins, j'en fais l'effort, pour lui. Dennis est un homme bien mature et pourtant, j'ai l'impression d'être en compagnie d'un enfant, un enfant qu'il faut protéger... Je tapote doucement son épaule, en un geste tendre et affectueux, replaçant une de ses mèches un peu rebelles.
_ Avais tu aimé le morceau que je t'ai fait écouter ce matin ? Je pensais que nous pourrions le jouer ce soir... Qu'en dis tu ?
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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Ven 27 Juin - 20:06:43

J'avais vu ses mains trembler mais je mettais cela sur le coup de la fatigue. Voire même de l'épuisement, comme s'il peinait à jouer le moindre morceau sous cette chaleur. Mon cousin s'affaiblissait de jour en jour sans que je puisse pourtant y faire quelque chose. Je n'ai pas encore saisi quel mal ronge son esprit et sa chair, je crois qu'il ne veut pas me l'expliquer et je ne lui en voudrai guère. Je me contente, à ses côtés, de me redécouvrir et surtout de rapprendre ce lien si spécial qui pouvait nous lier. Je n'ai oublié, je le regrette. Et pourtant ce sentiment de bien-être en sa présence ne me quitte pas. Je sais qu'il m'a apporté autant que j'ai pu le soutenir. Je le sais sans que je puisse l'expliquer.

Son curieux regard à la vue de mon costume ne me dérange pas. J'ai l'habitude d'être habillé ainsi et toute ma garde-robe est tout aussi classieuse. Je n'ai pas de tenue… Normale. J'ai toujours été éduqué de cette manière, depuis tout petit. Un costume pour uniforme à l'école, un costume pour les repas de famille, un costume pour le travail, un costume pour sortir… Je pouvais me vanter d'avoir la plus belle collection de cravates de tout l'institut, au moins. Et si ce n'est la plus belle, c'est au moins la plus chère. Je n'ai jamais mis autre chose que du sur-mesure, de la haute couture. Pourtant ce n'est pas dans mes préférences, j'aurai sans doute pu me contenter de plus simple mais j'ai toujours eu cette pression sur mes épaules m'empêchant d'être libéré.

"J'espère que tu accepteras mes excuses dans ce cas, il faut avouer que je cherchais quelque chose à me mettre mais… Je n'ai rien de… Pratique, si puis-je dire."

J'avais déjà fait un effort considérable pour réussir à le tutoyer alors que ce n'était pas dans ma nature, je n'avais pas cette habitude et c'était déjà difficile pour moi de m'exprimer ainsi, j'espérai que petit à petit j'arriverai pourtant à être aussi libéré que mon cher cousin. Son geste tendre pour replacer une de mes boucles toujours aussi peu disciplinée me fait sourire très légèrement. Il n'y a qu'en sa compagnie que je me permets d'être aussi doux et attentionné même si il faut croire qu'il passe plus de temps à m'aider que je ne peux le faire.

"En effet je l'avais beaucoup apprécié… C'était à mes yeux une harmonie délicate qui laisse les sentiments s'exprimer. Est-ce l'un de ceux que tu as composé de tes mains ?" murmurais-je doucement. "Car ce serait avec plaisir que je la jouerai à tes côtés, du moins j'espère en avoir les capacités."


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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Lun 30 Juin - 10:10:28

_ Il faudra que je vois si j'ai quelques vêtements à te prêter... Cela ne te conviendra peut-être pas, mais nous pourrions toujours essayer, je lui propose tout en me concentrant sur la musique. Je repose ainsi mes doigts sur les touches et prends le temps de lui répondre une fois encore.
_ Oui, parfaitement... Je l'ai écrite un soir d'été, après une promenade. J'avais été trempé par une pluie estivale, mais... je ne sais pas, c'était agréable. Et bien sûr que tu en as les capacités, ne doute pas de toi, tu apprends vite.
Ce jour où j'ai créé cette musique, j'étais allé voir Benedict. J'avais pris sa main pour l'entraîner dans les rues, j'avais ris quand l'eau nous avait trempés, qu'elle avait imbibé son pull en laine. Une fois chez moi, j'avais retiré ma chemise sans plus attendre... et j'avais alors aperçu le regard qu'il m'avait discrètement jeté. Un regard empli de tendresse, de douceur, un regard possédé par un désir timide, inavouable, qu'il tentait d'étouffer derrière ses lèvres bien serrées. Et moi, je lui avais souri, j'étais revenu près de lui pour retirer un à un ses vêtements. D'abord son pull, puis sa chemise, malgré la résistance maladroite qu'il m'opposa ce jour là. On peut aisément deviner ce qui a pu s'y succéder. C'est ce qui avait donné naissance à cette composition.

Une musique douce, très tendre, sur ses premières notes. Je caresse à peine les touches et me coupe un instant du monde. Un instant où je laisse simplement la musique gagner en puissance à chaque battement de mon cœur. Elle pulse dans mes veines. Elle anime mon corps si mort, elle ranime mes chairs si faibles. La mélodie croisse et gagne en puissance au fur et à mesure qu'elle envahit tout mon être. Mes yeux se mettent à briller et un sourire vient lentement éclairer mon visage. J'en oublie ma migraine. Je me consacre à cette composition, à cette partition inscrite en moi à laquelle je donne pourtant vie en cet instant. Est-ce vraiment moi, le vampire ? Et pourtant... Il s'agirait plutôt de ma passion. De ma musique. J'y sacrifie toutes mes forces. La moindre de mes heures. Chaque instant de mon existence trouve place dans ces quelques notes, s'offre et s'épanouit alors que la mélodie se déploie. Dans toute sa splendeur. Sa magnificence. Sa majesté. Je crache sur toute l'éducation noble avec laquelle on a tenté de m'étouffer. Et pourtant, je me consacre tout entier à cet art « bourgeois » qu'est la musique classique.
Cependant, il semblerait que j'ai surestimé mes forces. J'ignore les crampes qui me tordent les doigts. Jusqu'à l'instant où une me saisit au cœur. Je serre les dents, mais manque de faire une fausse note. Je réalise alors seulement... que je ne respirais pas. Depuis combien de temps ? Je n'en sais rien, mais j'inspire une grande goulée d'air frais et mon cœur a de nouveau un puissant battement, si douloureux que j'en grimace. Tremblant, je dois même écarter pour la première fois mes touches du piano, laissant ma mélodie inachevée...
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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Lun 30 Juin - 13:23:55

"Nous pourrions en effet…"

Je n'étais pourtant pas très convaincu par cette idée. Pas que la manière dont mon cher cousin se vêtait me dérangeait, bien au contraire… Mais le pauvre était beaucoup plus mince que moi, ou plutôt maigre. Là se trouvait la différence. Avant de me retrouver en ces lieux, on ne me laissait pas le choix au sujet de ma ligne. Il fallait rentrer dans les standards pour ne pas être mal vu. C'est ce qui expliquait ma taille assez fine même si je ne cachais pas les formes arrondies de mes cuisses ou de mon fessier. J'étais sûr et certain que si je me laissais guider uniquement par le plaisir gourmand, j'allais prendre un peu de poids. C'était après tout ma morphologie qui était faite ainsi.

"Une promenade… Cela semble être un souvenir qui t'est particulièrement plaisant. Enfin je doute que dans le cas contraire il t'ait inspiré une aussi douce mélodie."

A présent qu'il me contait cela, je visualisais sans mal les gouttes d'eau tiédies par la chaleur du jour tomber en rythme sur ma peau. Je me laissais bercer par cet air d'abord très tendre et presque timide, semblable à une bruine pouvant se disperser au premier coup de vent. Puis au fil de la composition, la musique se fait plus passionnée, passionnante. La bruine devient une pluie plus persistante puis progressivement une tempête. La magie de Thimothy, son don, c'est de garder toute cette tendresse dans chaque note qui résonne. Ce n'est pas une pluie glacée qui se dessine dans mon esprit. Cela reste un moment agréable, désirable. L'eau presque brûlante qui coule sur ma peau, la sensation d'être dans un cocon. Un endroit personnel, inconnu de tous. Dans le silence le plus complet.

Un silence comme je les aime. Celui qui prend lentement ses aises et qui rassure. Je rouvre les yeux en me rendant compte que je ne voyais plus et posais mes prunelles claires sur mon cousin, prenant le temps de le détailler. Un petit sourire se dessine sur mes lèvres. C'est un véritable artiste. Je suis fier que nous soyons de la même famille. Mon esprit ose sortir de sa cage dorée lorsque sa musique résonne. Je me permets d'imaginer des choses fantaisistes. Des choses que je n'aurai pas osé, même seul. Thimothy semble totalement épris de sa mélodie, je sens les notes qui parcourent son corps, anime ses gestes. Son regard n'avait jamais été aussi brillant de vie. Tout comme ce sourire qui se dessinait sur ses lèvres. Sans musique, il n'aurait pas pu vivre. Je ne me rappelais plus de quelle manière il avait découvert cet art, comment il en avait fait sa passion.

Mais soudain la musique cesse. Ce fut comme si mon cœur ratait un battement. J'en étais chamboulé. Ce morceau inachevé résonnait encore dans l'air, suppliant presque l'homme à mes côtés de poursuivre. Mais je le voyais. Je voyais combien mon cousin était mal en point. Inquiet je me penchais légèrement vers lui pour chercher à voir son visage et remarque ses tremblements. Je ne peux pas le laisser ainsi. Je ne peux pas. N'hésitant qu'une seule seconde, mes longues mains se posent à leur tour sur les touches du piano et je commence à jouer de mémoire. Oui, de mémoire. Sur ce que j'ai entendu ce matin. J'avais ce genre de mémoire que beaucoup pouvaient désirer et j'espérai ainsi pouvoir rendre hommage à mon cousin, lui permettre de prendre un peu de repos tout en retransmettant cette mélodie à l'original.

Pourtant… Je sentais malgré ma facilité à jouer ce morceau, à retranscrire chaque note, que je n'avais pas la même passion que lui. La musique n'animait pas autant mon âme, passait à côté d'elle sans même l'effleurer. Les blessures de mon esprit étaient bien trop cruelles, j'avais perdu tout plaisir au fil des années. Tout n'était que réflexe.


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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Mar 1 Juil - 15:05:45

Il joue à ma place. Je ne sais pas... ce que je dois en penser. Mon cœur se broie. Mon oreille se comble de sentir la mélodie se terminer. Mon âme se tord jusqu'à se déchirer. Chaque note qu'il joue... n'est autre qu'une note de plus que je n'ai pas pu jouer. Je suis si faible que je ne suis plus capable de jouer, je ne suis plus capable de composer. Mon souffle me manque, une crampe de plus saisit mon cœur. Le voir réussir me ravit... mais ranime aussi une rage enfouie en moi depuis des années, une graine plantée qui, malgré tout ce que j'essaye de faire, ne donne que de mauvais plants. Brutalement, je repousse les mains de Dennis du piano, ne le laissant pas clore la mélodie. Je voulais la jouer. Je voulais jouer cette partition. Ce morceau que j'ai écrit pour Lui, pour Benedict, ce morceau que je voulais lui faire entendre. Ce soir, pas un autre, ce soir où la musique règne, ce soir où je pense à lui, ce soir où il passe avant la musique elle-même. C'était le seul soir où je pouvais lui montrer qu'il comptait plus que mes compositions, qu'il était ma muse, celui qui me poussait à créer, celui qui m'inspirait, celui qui m'ouvrait la porte à ce paradis, ce seul paradis auquel j'avais accès en tant que pédéraste.

Mon geste a été violent, mais je ne pense pas de suite à la peine que j'ai pu infliger à Dennis. Je me remets à jouer, avec bien plus de fermeté. Mais ce n'est plus la partition d'amour que j'esquisse sous mes doigts, non, c'est toute ma colère qui prend forme, c'est toute ma haine qui se construit alors que mes doigts écrasent impitoyablement les touches du piano. Les mâchoires serrées, les yeux luisants, je martèle chaque accord avec tant de puissance que je sens le piano frissonner, endurer toute cette rancœur que j'accumule depuis ma plus tendre enfance. Enfant, il m'arrivait parfois d'être violent, d'avoir de brusques « caprices » auquel on me répondait par une claque sur les fesses. Une curieuse colère qui est toujours resté latente, grondante avec les années, qui se cache sous bien des aspects, comme le mépris, le dédain, ou cette violence physique qui éclate comme un cocktail Molotov. Combien de fois ai je vu Benedict se reculer craintivement dans un coin de la pièce quand les barrages cédaient ? Je ne suis pas grand, je ne suis pas solide, mais ma haine dépasse tout cela, ma haine m'offre une force que l'on ne me soupçonnerait pas.

Je libère dans cette musique toute mon envie. Ce sale sentiment qui me fait jalouser toutes les personnes que je croise, ce putain de sentiment qui ne fait que me renvoyer mon infériorité. Je déteste cela. Je déteste cela, et ça ne fait que l'amplifier, que le rendre plus poignant encore. Je ne m'occupe plus de mon cœur qui bat complètement de travers, je ne m'occupe plus de cette douleur qui tente péniblement de me ralentir ou de m'handicaper. Je voulais seulement jouer pour Lui, ce soir. Je voulais seulement Lui dire que je l'aimais. Et je n'ai pas réussi. Je n'ai pas réussi. J'ai le front en sueur, mes mains sont tordues par les crampes, mes doigts ont l'aspect de serres. Mais je termine enfin ma partition, les traits tirés, le regard glacé, me redressant avec la vivacité d'un fauve blessé quand j'ai enfin pu conclure la mélodie. Je me recule vers les ombres de la scène et cache mon visage dans une de mes mains. Je soupire en rabaissant la main, levant les yeux vers le ciel. Mes yeux luisent. À cause des larmes qui les noient.
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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Ven 25 Juil - 15:08:40

"Thimothy. Calme-toi."

Ma voix était ferme. Je possédais cette autorité naturelle qui émanait de moi lorsque je reprenais confiance. Je crois qu'il était possible de dire que je le grondais sans pour autant être dur avec lui. Je n'avais pas compris la raison de son geste, de cette violence avec laquelle il avait pu me repousser alors que je désirais seulement l'aider. Je voulais qu'il m'explique ce qui s'était passé dans son esprit, la raison pour laquelle il avait voulu à tout prix terminer cette mélodie malgré ses mains tremblantes. Oh c'était sans doute quelque chose qui lui tenait à cœur mais son corps était si… affaibli…

De ma démarche lente et mesurée, sur un rythme qui n'appartenait qu'à moi, je le rejoignais dans l'ombre de la scène pour me planter face à lui. Ma silhouette surplombe la sienne grâce aux quelques centimètres que j'ai de plus. Cependant… Je ne voulais pas qu'il se sente oppressé. Je ne voulais pas lui être supérieur. D'ailleurs je le fixais d'égal à égal, mon regard cérulé venant alors se plonger dans le sien. Je ne quittais pas ses prunelles semblables aux miennes et qui pourtant ce soir-là étaient humides de larmes.

"Que t'arrive-t-il ?"

Mes lèvres bougeaient à peine. Ma voix, légèrement grave, était pourtant emplie de douceur. Mais je ne cachais pas que son geste m'avait profondément blessé. Il m'avait repoussé alors que, pour une fois, je pouvais lui apporter mon aide. Lui qui avait toujours été là pour moi depuis que je l'avais trouvé en ces lieux. J'avais saisi la chance qui s'était offerte à moi de le soutenir. Mais il fallait croire que j'étais dans l'erreur la plus totale. A cette idée mon cœur se serra douloureusement. Mon visage restait figé dans un masque neutre alors que mon regard trahissait clairement ce qui se déroulait progressivement dans mon esprit.

Je n'avais pas la même sensibilité que lui sur la musique, ce n'était à mes yeux qu'une suite de notes agréable à écouter. Je ne ressentais pas l'émotion qu'elle pouvait transmettre. Pourtant lorsqu'il avait recommencé à jouer j'avais ressenti cette colère, cette rage dans ses notes qui avaient brisé l'harmonie de sa mélodie. Elle n'était pas faite pour exprimer la haine, j'en étais à présent certain et je n'avais pas besoin qu'une personne ne vienne me l'expliquer. J'avais d'ailleurs pu voir les regards interloqués de certains badauds venus profiter de la venue de l'été pour écouter notre musique.

"As-tu constaté l'état dans lequel tu t'es mis ?" l'interrogeais-je.

Dans un geste lent et calculé, je venais saisir ses mains tremblantes que j'observais avec soin. De ce simple contact je sentais ses muscles crispés, tendus sous la douleur. Alors du bout des doigts je venais masser les siens pour essayer d'atténuer un peu cette souffrance. En apaisant celle de son corps j'espérais pouvoir calmer progressivement celle de son esprit. Je l'invitais d'ailleurs à me suivre et nous quittions silencieusement la scène pour aller nous asseoir sur un banc, à l'écart des autres. Je lève alors les yeux vers Thimothy, esquissant finalement un petit sourire dont j'ai le secret.

"Est-ce que tu veux me parler de ce qui se passe là-haut ?" J'avais gentiment tapoté sa tempe de l'index. "Je ne suis pas ici depuis longtemps mais je ne suis pas dupe… Tu ne vas pas bien. Alors peut-être que parler… T'aideras. Au moins un peu."

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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Ven 1 Aoû - 11:34:17

La voix de Dennis est semblable à une fausse note dans une partition pourtant bien travaillée : elle se noue autour de ma gorge et me tire en arrière. Chaque syllabe est une traction qui me broie la gorge, qui tente de me faire revenir auprès de lui, mais je bande mes muscles, ma volonté, pour malgré tout avancer de quelques pas. Des pas de plus en plus courts, une simple poignée qui ne suffit pas à m'écarter suffisamment de lui. Mes colères ont toujours été explosives, et ce, depuis ma plus tendre enfance. La frustration, l'envie, la rage, un mélange de sentiments qui mijote en moi depuis des années. Une eau stagnante qui se dresse parfois avec la fureur d'un geyser. Sans que moi-même, je ne puisse prévoir son explosion, sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit pour la maîtriser. Benedict baisse la tête dans ces instants, n'ose pas tellement m'interpeller. Les autres me fuient. Et lui, au contraire, me cherche. J'entends Dennis qui s'approche de moi et je détourne la tête comme un enfant pris en faute pour que nos regards ne se croisent pas. Son pas est si particulier... Suit un rythme que je n'ai pas encore su définir. Je sens ses yeux traquer les miens, mais je ne souhaite pas lui offrir mes prunelles. Lui dévoiler ma peine. Comme si ce n'était déjà pas assez de m'être humilié de la sorte devant lui et ceux qui ont pu venir écouter notre musique.

Il ne semble pas comprendre. Benedict ne comprenait et ne comprend pas non plus... Quelle est l'importance de ma passion. Il en éprouvait de la jalousie. Je le voyais bien lever les yeux vers moi quand j'étais installé à mon piano, soupirer légèrement en rabaissant les yeux vers son assiette. À s'installer près de moi, à toussoter parfois pour me signaler sa présence, dans le simple but que je redresse mes prunelles vers lui. Mais je ne le faisais pas. Lui pensait que je l'ignorais. Moi, je savais qu'il était là depuis qu'il avait franchi le seuil de la porte. Je ne voulais que... je ne sais pas. Le taquiner, tout en restant concentré dans ce que je faisais. La musique n'était pas seulement une passion, c'est bien le seul moyen d'expression que je puis posséder en réalité. Il m'est bien plus aisé de communiquer par quelques notes de musiques... Bien que je maîtrise à merveilles l'art de la rhétorique comme mon cousin. Choisir mes mots me fatigue, les manipuler pour fournir une belle phrase n'est rien que de l'hypocrisie, combien même je suis sincère, ces mots me paraissent... salis. Salis par l'emploi que les autres en font, salis par l'analyse que peut en faire mon interlocuteur. Les mots ne sont pas capables d'offrir à eux mêmes un message clair, on peut toujours comprendre un autre sens que ce pourquoi ils ont été employés. La musique par contre... touche directement au cœur. On ressent la musique. On ne peut pas mentir sur sa signification, il n'y a pas même question de signification, mais de transmission. De transfert. D'une communication absente de quiproquos, de mensonges et j'en passe.

Il attrape mes mains et je replie les doigts par réflexe pour les protéger. Comme si j'avais peur qu'il ne me fasse du mal, qu'il ne me punisse pour l'avoir repoussé. Qu'il me brise un doigt, me froisse un muscle, que sais-je, n'importe quoi pour se venger. Mais non, il commence à les masser, et m'entraîne même avec lui. Cette fois ci, je ne suis pas capable d'y opposer une résistance : je lui engage le pas et m'installe avec lui quand il nous fait nous asseoir. Je le laisse tapoter ma tempe, quelques mèches bouclées retombant sur cette dernière quand il écarte sa main. Je fixe le sol, à présent calmé, le cœur aussi lourd que si il eut été de fer. Il pèse dans ma cage thoracique. Il tire sur mes muscles à chaque battement.
_ Je n'ai pas réussi à finir ma partition. Je sais, ce n'est que de la musique, je pourrais en jouer une autre fois. Mais je voulais la terminer. Je l'ai écrite... pour quelqu'un. Je voulais... la jouer moi jusqu'au bout. Mais je... je n'en ai pas eu la force. Je n'ai pas eu la force de jouer 5 minutes. De jouer 5 petites minutes. Est ce que tu te rends compte, Dennis... ? Est ce que tu te rends compte de ce qu'il se passe ? Je lui demande sans le regarder, la voix plus rauque que jamais. Je porte une des mains à mon visage mais la rabaisse en soupirant, levant les yeux vers le ciel.
_ Je veux pas mourir... Je veux pas... Mais je m'affaiblis de jour en jour... Benedict ne trouve pas de solutions à mon problème... Un matin, à ce rythme, je n'arriverai plus à me lever du lit...
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MessageSujet: Re: [Event été] Let's play   Dim 31 Aoû - 12:39:25

Il s'est tant acharné sur cette musique que celle-ci avait perdu toute la tendresse qu'il avait sans doute voulu transmettre. Je n'ai pas tant l'oreille musicale – du moins elle n'est plus aussi habituée aux délicats sons d'un piano – mais j'avais ressenti toute cette violence qu'il avait déchainé dans la mélodie. La haine devait être le seul sentiment qui lui permettait de tenir bon, pour que son corps puisse accepter de jouer cette fin que j'avais failli lui arracher. Contre qui avait-il toute cette haine ? Est-ce que j'avais ma part de responsabilité dans cette histoire ? J'avais l'horrible sensation que c'était le cas, malheureusement.

Plus rien ne semble comme avant. Même les gens qui dansaient auparavant semblaient perturbés et peu osaient encore continuer à danser. Lorsque je compris qu'il craignait que je lui fasse du mal, le voyant replier soudainement ses doigts comme si je pouvais les abimer volontairement, mon cœur se serra légèrement. Avais-je donc l'air si cruel ? Ma véritable personnalité était flouée par mon amnésie, avait-il donc connu un cousin qui aurait agi ainsi ? J'espérai que ce ne soit pas le cas. Que je ne sois pas comme cela. Je ne voulais pas lui faire du mal, uniquement lui faire comprendre ce que je ressentais par des mots posés avec douceur, du bout des lèvres. C'est sans doute la raison pour laquelle je parlais avec calme, faisais des mouvements lents pour ne pas l'inquiéter. Il n'aurait pas mal, uniquement à me parler et peut-être… à s'ouvrir un peu à moi.

Un soulagement lorsque ses lèvres s'entrouvrent et sa langue se délie une fois que nous sommes à l'écart. Une fois qu'il s'est calmé. Son corps était des plus crispés pourtant, comme si il peinait à se remettre de tous ces efforts qu'il avait dû faire pour parvenir à jouer son oeuvre. Ses paroles résonnaient difficilement en moi, mon esprit peinait à accepter la situation dans laquelle mon cousin se trouvait. Il était blessé, il était effrayé de sa faiblesse qui grandissait chaque jour en lui et qui rongeait le moindre espoir de guérison…

"Tu es parvenu à la finir mais vois dans quel état tu t'es mis… Tu dois accepter que… Que pour le moment il ne t'est pas possible d'aller au-delà de tes propres forces. Du moins pas sans que cela n'affecte ce que tu as pu jouer. J'ignore la personne pour qui cette mélodie était dédiée mais… Vraiment Thimothy je doute que ce que tu voulais transmettre ressemblait à ce que tu as joué présentement." Murmurais-je avec douceur et calme.

Je gardais les yeux vers lui, détaillant sa silhouette amaigrie et blafarde. A côté j'étais mince mais seulement car je marchais beaucoup. Je prenais de nouveau sa main fatiguée que je massais de nouveau pour essayer de dissiper sa douleur. Son regard me peine, me fait souffrir autant qu'il souffre.

"Thimothy tu ne vas pas mourir… Tu n'es pas seul… Les médecins vont finir par trouver une solution à ton mal aise et tu pourras de nouveau jouer du piano. Acceptes donc de voir que tu as besoin d'aide ! Tu es… Tu es… Oh pardonnes mon langage mais tu es une tête de mule !" J'ai un discret sourire. "Je suis aussi présent pour t'aider maintenant, même si il ne t'est plus possible de sortir de ta chambre alors pourquoi ne te ferais-tu pas porter ? N'est-ce donc pas une bonne idée ? Pour entrainer tes muscles tu devrais penser à marcher un peu, viens donc faire une promenade matinale avec moi un jour tu verras comme c'est agréable."

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