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 Corruption

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MessageSujet: Corruption   Mer 4 Juin - 15:55:32

Ma vue est trouble.

Mes yeux clignent à plusieurs reprises. Mes pupilles sont rondes, tentent de capturer la moindre lueur, de décomposer au mieux le paysage qui m'entoure, me cerne, m'écrase. Je manque d'air, je suis en réalité totalement harassé. Mes lèvres s'ouvrent désespérément à la recherche d'oxygène. Ma peau est humide, le froid ne s'en fait que mieux ressentir. Plongé dans la confusion la plus totale, j'en viens à me dire que je dois être tombé dans l'eau du lac... Je suis à genoux, je m'effondre à 4 pattes. Mes pensées parviennent enfin à se détacher de cette morbide torpeur, sortent de cette boue qui les retenait, permettant à mes sens de retrouver leur totale capacité. Je ne suis pas dans le lac, non, je suis en pleine forêt, près du cimetière. Il pleut. L'eau colle mes vêtements à mon corps maigre, famélique. Cela fait des semaines que je perds du poids. Si l'on se fie à mon teint blafard, on peut croire que je me transforme en bonhomme de neige : je fonds comme cette dernière, j'ai pratiquement la peau sur les os à présent. Je tremble, mais je n'ai pas froid, bien que je ne sois pas même capable de déterminer ma température. Suis-je en hypothermie ?

Au dessus de moi, le ciel se laisse lentement submerger par l'obscurité. Le soleil finit de s'évanouir à l'horizon : ses derniers rayons carmins s'évanouissent lentement sous la masse cotonneuse des sombres nuages. Au loin, l'orage gronde, imposante créature qui se hisse tout en majesté le long du flanc de la montagne. Bon sang. Que m'est il arrivé ? Comment en suis-je venu là ? Je me redresse péniblement. Je sens mes maigres muscles se tendre pour supporter mon squelette, mes tendons s'étirer sous ma peau si pâle que je ne peux plus endurer les réconfortants rayons du soleil. Depuis quelques semaines, mon état s'aggrave. Je n'arrive plus à avaler de nourriture, j'ai droit à des perfusions sans cesse pour me nourrir, quand on ne cherche pas à me gaver de force. J'ai pourtant été gourmand, je n'ai jamais eu un quelconque soucis d'anorexie... Mais mon corps se révolte face à la simple flagrance d'une nourriture... Voilà que je parviens à me redresser. Mes jambes chancellent sous moi. J'ai la bouche sèche malgré la pluie qui tombe. Je peine à tendre l'oreille : mon cœur bat rageusement contre mes tympans, comme pour les transpercer de part en part.

Je tente un pas, un deuxième, mais j'ai la sensation d'être sur un navire qui tangue d'un côté, puis de l'autre. Mon souffle siffle. Je ferme les yeux. J'inspire, j'expire, je lève les yeux vers le ciel. Les nuages m'écrasent, la forêt semble se resserrer autour de moi. Je titube, me retiens au mur du cimetière. Je lève une main vers mes lèvres pour retenir ce que je crois être un haut le cœur. Du bout de mes doigts, j'effleure les canines qui se sont agrandies... Oui, elles sont plus grandes, au point de dépasser quelque peu sur mes lèvres. Légèrement recourbées vers l'arrière, elles deviennent curieusement si pointues que je manque de me couper. Elles ne sont pas les seules à avoir changé. Mes incisives commencent elles aussi à se modifier. Que s'est il passé ? Je remonte dans mes souvenirs. Je me souviens de cette journée à être resté dans les ombres de la salle de musique. Jusqu'à ce que l'on ouvre la porte... Qui était-ce ? Ah, oui, Kelan... Il m'avait trouvé là... Et je crois qu'il avait tenté de me conduire à l'infirmerie. L'infirmerie...

Je fronce les sourcils et je repasse mentalement ce qui avait pu se passer. Je revois le couloir pratiquement désert. La tête qui me tournait, mon cœur qui pulsait. Son étreinte alors qu'il me tirait vers la salle de soins. Lui avais-je opposé résistance ? Je ne pense pas, je crois plutôt que je tentais de traîner ma carcasse pour qu'il n'ait pas à me porter. Que s'est-il passé ensuite ? J'avance d'un pas, d'un autre, laissant ma main s'appuyer sur le muret de pierres qui cerne le cimetière. Mon souffle est plus facile, la tête me tourne un peu moins. Je ravale ma salive et ferme à demi les yeux. Que s'est il passé ? Je remonte la main vers le col de ma chemise pour le reboutonner... Quoi ? Je cligne des yeux. Du rouge... Du sang, imbibé sur le tissus trempé de ma chemise bleue, du sang qui finit de se diluer sous les assauts de l'onde. Ma gorge est sèche. Trop sèche. Je porte brusquement le tissus à mes lèvres et j'aspire comme je peux. Le goût métallique me coupe le souffle sous le plaisir, bien que ce même goût me répugne au plus au point. Mais je tente à nouveau de prendre de ce liquide, de l'arracher des fibres du tissus. Mes canines percent soudainement le tissus de mon col et je recule alors la tête.
Je deviens fou. Quelque chose ne va pas chez moi. Ne va plus chez moi. Ce sang... D'où vient il ? De Kelan... ? De quelqu'un d'autre ? Que s'est il passé pour que je puisse m'écarter de sa poigne si puissante ? Que s'est il passé pour que je termine ma course ici ? Bon sang... L'aurais-je blessé ? Est-il au manoir ? J'hésite et me retourne, faisant ensuite quelques pas.
_ Kelan... ? Kelan ? Je l'appelle alors, mon cœur se broyant dans ma cage thoracique... Ma voix, étonnamment grave pour mon physique, fait vibrer ma cage thoracique, déchire mes cordes vocales alors que je lui impose davantage d'ampleur. Mais je suis inquiet pour cet homme. Inquiet pour cet homme qui a toujours su m'offrir un peu d'aide, une attention bourrue et maladroite, mais certaine. Inquiet pour cet homme qui m'a à plusieurs reprises tendu la main... Et que j'ai peut-être mordu. Ne dit on pas que le chien épargne la main qui le nourrit ? Il faut croire que... Je deviens un chien plus intéressé par la main elle-même que les attentions qu'elle donne. Quel monstre suis-je en train de devenir ? Pitié, par tous les dieux, faîtes que je ne l'ai pas blessé...
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MessageSujet: Re: Corruption   Jeu 5 Juin - 12:06:51

Il fait sombre, très sombre, et la pluie battait son plein, tandis que les grondements du tonnerre m'assourdissaient et les éclairs m'aveuglaient par leur clarté tranchant douloureusement contre la pénombre. Je fermais les yeux un instant, me concentrant sur les bruits alentours. Il n'y avait rien.. je n'entendais rien mis à part ce violent orage. J'étais trempé, et sans doute que Tim l'était aussi. Aaah. Depuis combien de temps je le cherchais ? Je n'en savais rien. J'avais perdu toute notion du temps au moment même ou il s'était enfui, malgré les peu de forces qu'il avait à ce moment là.

Je me souviens très clairement de ce qui s'est passé. Je l'ai trouvé pratiquement inerte en salle de musique et j'ai voulu le transporter jusque l'infirmerie. Il tentait vainement de ne pas peser tout son poids sur moi, mais... Il n'était pas du tout lourd, même quand il devenait un poids mort en tombant dans l'inconscience. Ce jeune homme.. Etait fragile. J'avais toujours peur de le briser en mille morceaux quand je le touchais. Et son état se dégradait encore et encore, empirant de jour en jour devant mes yeux, et je n'arrivais pas à l'aider comme il se devait.

Je touchais mon cou encore douloureux. Alors qu'on s'approchait de l'infirmerie, il m'avait soudainement sauté dessus et m'avait mordu. Pris par surprise, je n'avais pas réussi à me défaire de lui avant qu'il ne prenne la fuite à l'extérieur du bâtiment. Je me souviens m'être écroulé contre le mur, plus surpris que par la douleur qui se montra peu de temps après. Un scientifique m'avait pris sous son aile, et je n'avais pas réagis de suite à cause du choc. Je ne m'y étais pas préparé et je mis du temps à reprendre mes esprits. J'étais alors sorti en trombe de l'infirmerie dans laquelle m'avait emmené le scientifique malgré ses nombreuses protestations, et j'avais quitté l’institut d'un pas vif. Car connaissant Timothy, je me doutais qu'il allait se retrouver je ne sais ou mais pas à l'intérieur.

Je me retrouvais donc maintenant en plein cœur de la forêt, transi de froid et trempé de la tête aux pieds. Je me remis en charge, fermant les yeux à chaque éclairs. Les oreilles de chat étaient rabaissées sur me crâne et ma queue enroulée contre mon torse. Je criais son nom à travers les arbres, mais le son de ma voix était étouffé par la pluie et le tonnerre. Dans un grognement animal, je me remis en marche, espérant tomber sur le plus jeune avant qu'il ne fasse une connerie.

Mais la forêt est dense et je n'arrive pas à bien voir ou je marche. Il pleut beaucoup trop et j'ai encore mal à la gorge. Tout en courant et en m'aidant des arbres, je caressais la blessure encore rouge administrée par Timothy. Il ne fallait pas qu'il la voit au risque de prendre peur. Il fallait que je lui la cache.. mais comment ? Lui aussi devait être aveuglé dans cet orage de toute façon.. Donc j'espérais intérieurement qu'il ne remarque pas les deux trous dus à la morsure.


J'avançais à l'aveuglette, tombais et haletais. Je ne le laisserai pas tomber, pas maintenant. Je ne pouvais pas, et je ne me le permettrais pas. Jamais. Mon corps commençait à fatiguer, mais pas mon esprit. J'étais déterminé à le retrouver, et je le retrouverai. Puis j'entendis mon prénom pendant un laps de temps calme. Je m'arrêtais donc, puis je repris ma route, plus vite encore, et j'arrivais au cimetière. Clignant des yeux, je vis celui après qui je courais depuis je ne sais combien de temps, et je me ruais vers lui. L'attrapant dans mes bras et le serrant contre moi, je ne pus m'empêcher de l'engueuler.

« P'tain Bouclette, la prochaine fois qu'tu te barres de cette manière, j'vais mal le prendre ! Ca fait des heures que j'te cherche.. J'suis inquiet pour toi, t'sais ? »

Je me reculais, les sourcils froncés, et je ne pus réprimer en frisson. J'étais gelé et lui aussi. Mais mon manteau me tenait quand même un peu chaud... Déjà qu'il n'avait pas une santé de fer... Je l'enlevais et lui mis de force sur les épaules. Il était peut-être mouillé, mais ça lui permettrait de se réchauffer.

« Ca va aller ? »

Je lui jetais un regard inquiet à travers mes cheveux qui me tombaient et me collaient sur le visage.
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MessageSujet: Re: Corruption   Jeu 5 Juin - 16:17:49

Je le vois enfin. Un profond soulagement me saisit. Toute la tension que je me suis imposé, cette nervosité qui m'aidait à tenir debout, à réfléchir, s'effondrent soudainement, je crois même qu'une chute de tension finit de me faire perdre les quelques couleurs que j'ai réussi à avoir. Il est difficile de décrire la relation qui nous relie, tous les deux. Sommes-nous amis ? Je ne sais pas, nous ne passons pas nos journées ensemble. Bien qu'il m'arrive parfois de venir le voir. Parfois. Les rares fois où je me sens bien. Je vais le rejoindre, je lui parle des mélodies que j'ai composées, de celles que j'aimerai rédiger. Il se moque parfois de moi ou se force à chanter faux pour me faire râler. Je lui balançais alors bien souvent un coup de coude dans les côtes ou je fronçais le nez avec un faux mépris, puis il chahutait gentiment avec moi,me bousculant un peu ou décoiffant complètement mes cheveux. Je n'apprécie pas l'idée d'être son « protégé », je ne me vois pas comme un faible qu'il faut prendre sous son aile, ou un de ces soumis qui ne demandent que la présence d'un homme fort, non, notre relation est bien plus profonde que cela.

Il m'a déjà vu me défendre face à un des hommes de l'Institut, un homme qui avait blessé Benedict quand mon médecin avait tenté de le soigner. Un homme que j'avais provoqué avant de saisir tout ce que je pouvais attraper pour m'en servir comme une arme improvisée. Pour tout avouer, c'est Kelan qui a dû venir m'arrêter et qui nous a séparé. Je le vois comme mon égal. Un homme qui, comme moi, n'est pas seulement ce qu'il montre. Un homme auquel il faut s'intéresser, avec qui discuter, un homme bien plus sérieux qu'on ne peut le croire au premier abord. C'est peut être sur cela que se base notre lien. Cette faculté à pouvoir sentir qu'il y a toujours quelque chose derrière une évidence. Qu'il peut y avoir de la peine dans un sourire, une inquiétude derrière une dispute. Si lui a vu la force que ma faiblesse apparente dissimule, je crois que j'ai pu déjà apercevoir ses propres faiblesses derrière ce corps si solide, derrière cette bonne humeur si immuable. Une photo dans un portefeuille. Un portefeuille qu'il avait perdu, qu'il cherchait, partout. Un portefeuille que j'ai trouvé, balancé négligemment dans le coin d'une pièce probablement seulement pour emmerder Kelan. Le pickpocket n'avait rien dû trouver d'intéressant et s'était contenté de se débarrasser de la preuve de son forfait.

Je le lui avais ramené. Et il m'avait serré la main. Je me souviens du contact de sa main. Ses doigts épais, cette étreinte ferme et musclée au point où j'ai bien crû qu'il allait me briser les doigts. Mais j'avais pourtant rendu cette poignée de main. Il m'avait souris et remercié. Un sourire qui m'avait curieusement attendri, un sourire face auquel je ne pouvais que lui répondre. Je ne sais pas si nous serions du genre à nous appeler souvent, nous n'aurions pas non plus été du genre à nous chercher, non... Mais si je ne le voyais plus, il m'aurait manqué. Si je n'avais plus pu lui parler, passer un peu de temps avec lui, je me serais inquiété. Moi, le gros égoïste, moi, l'artiste qui passait bientôt plus de temps sur son piano que dans les bras de son amant... Je pense que je serais allé à sa rencontre. Comme en cet instant où il vient vers moi, où il me broie contre son torse, où ses bras m'emprisonnent et manquent de m'écraser les épaules. Je crois même que je ne touche plus terre l'espace d'un instant mais voilà qu'il me repose et me gronde comme un gamin. Je cligne des yeux pour ne plus voir flou. Je lève un instant les yeux vers ses charmantes oreilles pelucheuses, ses mèches trempées qui tombent devant ses yeux clairs. Je suis pourtant du genre à toujours l'écouter, à ne pas baisser le regard face au sien voire à riposter, mais là, je me sens complètement stone, je ne serais pas même surpris que mes pupilles soient rondes comme des billes.

Je me suis déjà drogué par le passé, à plusieurs reprises, et j'en viens à me dire que j'ai dû trouver une seringue dans un coin et me l'injecter. La tête me tourne un peu, tous les sons me paraissent curieusement lointains. Je ne comprends pas pourquoi. Ma gorge est sèche de nouveau. Et je pince mes lèvres de mes crocs. Il m'enfile alors son manteau. Le poids sur mes épaules me ramène brusquement à la réalité. Voilà que j'ouvre bêtement la bouche comme un poisson qui sort de l'eau et je le fixe, hébété quelques secondes. Ouep, j'ai tout l'air d'un abruti. Je tourne les yeux vers la veste et l'enfile un peu mieux. Mais je flotte dedans. Elle retombe pratiquement jusqu'à mes hanches osseuses, on pourrait bientôt en mettre deux comme moi pour remplir un peu plus ce vêtement. J'envie sa musculature. Ce serait pratique pour casser les gueules qui m'emmerdent. En attendant, j'utilise des chaises.

Son odeur. Bon sang, je la sens sans un effort. Et alors qu'il installe un peu mieux la veste sur mes épaules, mes yeux traquent de nouveau sa gorge, la détaillent sous tous les angles. Je n'en ai qu'à peine conscience. Mais je remue la tête pour me ressaisir et je saisis soudainement l'un de ses bras. Ma main se referme sur son biceps sans vraiment lui faire de mal, tout du moins, je l'espère. Mais l'étau se resserre, les articulations saillantes ne donnent qu'un aspect peu appréciable à mes doigts qui ont plus l'air de serres qu'autre chose.
_ Je t'ai blessé Kelan ? J'avais... du sang... Du sang sur ma chemise.
Ma voix est si particulière comparée à mon physique. Bien plus grave qu'on ne pourrait le croire. Je me souviens de la tête de Kelan la première fois où il m'a entendu prendre la parole. Et à peine ai je fini ces mots que je presse mes canines sur mes lèvres. Du sang perle. Mon cœur rate un battement. Je m'empresse déjà de le lécher. Dieu, ce goût... Si métallique, si détestable, et pourtant... Si appréciable. J'en viens à sentir une légère chaleur à mes joues. Et c'est alors qu'un éclair déchire le ciel. La lumière blanche semble comme me traverser le crâne ; la douleur me fait gémir et je protège comme je peux mes yeux, bien trop sensibles à la lumière depuis quelques temps. Qu'est ce que je deviens.. ? Je n'ose pas encore rabaisser mon bras, mais je relâche soudainement Kelan. Je sentais son cœur battre. Son cœur battre contre mes doigts. Son sang pulser alors que mon pouce s'était pressé contre ses veines. Sang... Son sang. Ma gorge est sèche. L'eau ne suffit pas. L'eau ne suffit plus. Mes canines me font mal. Mes gencives saignent. Se déchirent car mes... Mes canines semblent comme s'allonger. Je lape ce sang, ce sang sans saveur, ce sang qui n'a rien à voir à celui qui a tâché ma chemise. L'eau ne suffit plus... Mon propre sang ne suffit plus. Ma gorge est sèche.
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MessageSujet: Re: Corruption   Jeu 30 Oct - 16:01:11

« Ca va ? » la question bateau. La question qui ne servait à rien, mais qui pouvait permettre de se sentir rassuré l'espace d'un instant. Est-ce que Bouclette se sentait bien ? Si c'était le cas, il ne serait pas parti comme ça, sans prévenir, dans la forêt sous ce gros orage. Je lui tenais les épaules, le regardant, mon regard électrique plongé dans le sien. On n'était pas les plus proches de l'institut, sûrement pas, mais j'y tenais à ce petit gars. Pour moi, c'était quelqu'un qui mettait de bonne humeur.. Je ne sais pas comment il me voit, mais pour moi c'est un ami. Un ami précieux. Un ami qui me permet de sourire dans les moments les plus difficiles, qui arrive à me faire rire quand j'ai envie de pleurer, et surtout, il doit être l'un des rares à connaître mes faiblesses et ma souffrance intérieure. Je sais que je peux me confier à lui comme lui peut tout me dire. Il y a cette confiance mutuelle inébranlable, et quand il a besoin de moi, je suis là. Je ne le considère pas comme faible, mais c'est une brindille, et même si je suis l'un des plus baraqué ici, il y en a d'autres qui sont quand même musclés. Et lui, à part savoir balancer toutes les choses à portée de main.. D'ailleurs, quand ça arrive, c'est bien drôle. Parce que son agresseur devenu agressé ne sait plus quoi faire et se protège comme il peut. Je me souviens très bien la première fois que je l'ai vu dans cet état. J'étais amusé, mais.. j'ai quand même dû le calmer. A ma manière, je suis pas connu pour être doux, mais plutôt maladroit. Ceci dit, je l'avais quand même félicité une fois tout en ordre. Parce que bon, mine de rien, ce petit a du culot et du courage, même si on ne dirait pas à première vue. C'est peut-être pour ça qu'il est souvent pris pour cible, aussi..

Oui, je tiens à ces boucles que j'ébouriffais de ma main gantée. Oui, je tiens à cet être frêle devant moi, qui semble effrayé, qui semble perdu, qui a l'air d'avoir vu un fantôme. Sans lui, je m'ennuierais sans doute, parce que, bordel, il met quand même de l'ambiance. J'adore l'emmerder et voir ses réactions, j'adore quand il me donne des petits coups. J'en rie avec lui. Oui.. Et parfois, il me voit dans mes mauvais jours, quand je suis déprimé, ou encore après une crise. Ces crises qui me brisent, qui me tuent à petit feu.. Qui m'horrifient plus que tout. Je peux facilement pleurer dans ses bras, je sais qu'il ne me jugera pas. Je sais que je serais toujours le même pour lui. Parce que nous, notre relation est honnête. On ne se cache pas vraiment, on est même vraiment nous, quand on est ensemble. Ce n'est pas de l'Amour avec un grand A, c'est de l'amitié pure et simple à mes yeux.

Je l'observe longuement, alors que les éclaires continuent de zébrer dangereusement le ciel, alors que le tonnerre fait vibrer le ciel. J'ai encore envie de le serrer contre moi pour le rassurer, pour qu'il se sente mieux, pour qu'il libère tout ce qu'il a à libérer. Mais sur le coup, je sais ce qui le préoccupe : la morsure qu'il m'avait infligé tantôt. Négligemment, je passais une main sur mon cou, le regardant d'un air inquiet et sérieux à la fois. Je ne lui en voulais pas, sa transformation était.. plus ou moins douloureuse pour lui. Oui.. Depuis qu'il avait muté, il avait considérablement maigri et pâli. Ca me faisait mal de le voir dans cet état, et j'étais le seul à pouvoir le contrôler pour éviter qu'il ne blesse quelqu'un. Je me souviens d'une fois ou un mec avait fini à l'infirmerie dans un sale état après être passé sous les crocs du petit. Que ce soit pour les autres ou pour lui même, je ne pouvais pas permettre ça. Alors je l'aidais comme je pouvais, et quand il me mordait, j'le laissais faire un peu puis le reculais de force quand c'était assez. Il en avait besoin de toute manière, pour avoir des forces.

Je le sens alors me saisir le bras et le serrer comme il pouvait. Je regardais ses doigts squelettiques avec une certaine douleur dans le regard. Il ne me faisait pas mal, non, mais le voir dans cet était douloureux. Le voir si maigre, si pâle, tenant parfois à peine debout, et surtout être aussi léger qu'une plume et fragile comme une brindille.. Mon cœur se serrait en le voyant. J'avais eu de la chance au final avec mes oreilles et ma queue de chat, ainsi que les ronrons qui allaient de paire, mais lui.. La mutation en vampire, je le plaignais, fortement.

Je le laissais donc faire, remontant mon regard sur son visage, le détaillant comme je le pouvais alors qu'il prenait la parole. Oui, sa voix était grave et me surprenait toujours. La première fois que je l'avais vu, je pensais qu'il aurait une petite voix, une voix fluette, mais non. Au lieu de ça, il avait une voix grave. C'était étrange et ça m'amusait de l'entendre parler. Enfin, pas actuellement, parce que là je m'inquiétais fortement. Je lui adressais un faible sourire et pris son bras pour le ramener contre moi alors qu'il gémissait sous l'éclair, alors que je sentais qu'il ne supportait pas ça. Je ne lui répondis pas de suite, attendant un peu, caressant ses cheveux trempés. Je sentais une certaine agitation et je finis par lui répondre, hésitant à lui dire. Mais je n'aimais pas lui cacher quoi que ce soit, alors autant le dire..

« T'en fais pas pour ça, Boucle d'Or. Tu m'as surpris mais j'ai pas eu mal. »

Je le reculais un peu pour le regarder, et lui adressa un sourire confiant, même si je voyais ses canines. Je redevins sérieux et le pris par les épaules, le tournant pour qu'il ait la vue sur les arbres et non sur le ciel. Je lui montrais ensuite mon poignet, les sourcils froncés.

« T'en as besoin, Thim'. Alors prends encore de mon sang. Je suis résistant et je t'arrêterais si nécessaire, mais t'as besoin d'en prendre. T'as l'air d'un cadavre ambulant, sérieux, et j'aime pas te voir comme ça. Je sais qu't'aimes pas ça, qu't'as peur d'me faire mal, mais t'as pas à t'en faire. Vas-y ou j'me coupe pour te forcer à boire. Et tu sais que j'en suis capable. »

Et j'étais le roi pour me couper n'importe comment, alors valait mieux qu'il me morde en fait.

« Après on ira se terrer quelque part pour s'protéger l'temps que ça se calme. En plus, toi tu vas tomber malade j'suis sûr. »

Je lui souriais tendrement, continuant à lui tendre mon poignet. J'aurais pu lui tendre aussi mon cou en fait, mais bon. Je vais avoir des marques partout et on se demandera quoi mais c'est pas grave.


[Pardon pour le retard Q_Q]
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