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 Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]

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Celebren : 69
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MessageSujet: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mar 15 Avr - 23:48:02

Tu étais là, dans les rayonnages de la bibliothèque, assis sur un coussin, les yeux dans le vague, du moins semblant l'être, un roman en main, silencieux et immobile. Le roman que tu tenais était l'un de ces romans qui décourageaient les gens avant même qu'ils n'osent les prendre entre leur doigts et les feuilleter, tant leurs auteurs semblent communément hors de portée du premier quidam, ou tout simplement parce qu'ils avaient plus la forme d'un énorme pavé que d'un livre pour passer le temps. Toi, de toute manière, tu t'en fichais du moment que tu avais à lire en abondance et que l'histoire en elle-même te plaise. Et ce dernier paramètre jouait énormément sur ton choix, ce qui faisait que malgré un goût certain pour la lecture des classiques de la langue française, tu n'avais jamais pu supporter Zola, et ce depuis qu'on t'avait forcé à lire La Bête Humaine en première L. Certaines expériences comme ça te donnaient volontiers un dégoût profond de certains styles particuliers d'écriture, et d'autres, bien plus nombreuses, te faisaient découvrir et aimer un univers nouveau qui s'ouvrait à toi au fil des pages.

Aujourd'hui, tu avais décidé de rester dans les sentiers connus, sans doute trop fatigué pour rechercher autre chose. Tu avais donc saisis un de ces fameux pavés avec un sourire aux lèvres, reconnaissant le titre du livre, que tu avais lu au moins deux ou trois fois, et tu t'étais installé confortablement dans un coin en silence, ne gênant ni les autres personnes, très rares, qui étaient elles aussi enfermées à la bibliothèque en cette fichue journée pluvieuse, ni le bibliothécaire qui était penché sur son ordinateur, sans doute afin de vérifier les prêts et les retards de ces derniers. On ne badine pas avec les emprunts, qu'importe si la bibliothèque reste bien fournie. Ici, un livre, c'est sacré !

Vu que l'après-midi venait tout juste de commencer, tu en avais conclus que tu allais pouvoir lire tranquillement Du côté de chez Swann sans être importuné avant l'heure du repas, ce qui te laissait au moins cinq bonnes heures avant t'obliger à bouger tes fesses du refuge provisoire offert par les étagères qui t'entouraient et le coussin qui supportait ton corps.
Tes doigts longs et fins tournaient les pages, froissant le silence alors qu'hypnotisé par les mots noirs imprimés sur le papier, tu plongeais dans la Normandie de Marcel Proust, croyant presque sentir l'odeur des aubépines, alors que des souvenirs d'hypokhâgne te revenaient en tête, te faisant légèrement sourire alors que tu lisais le passage de la haie d'aubépine, que tu avais toujours trouvé très joli, bien que les sous-entendu sexuels y soient multiples. Inconsciemment, tu appréciais l'odeur particulière du papier légèrement vieilli qui finit de t'enlever au réel, t'offrant une parenthèse bienvenue dans la réalité de l'institut et de ton état de santé qui se faisait de plus en plus étrange au fil du temps. Et non, ce n'étais pas seulement ces fichus rêves qui entraient en compte. Tu avais eu le malheur de refaire connaissance avec l'une de tes plus vieilles ennemies : la migraine. Si on pouvait appeler migraine ce cerceau de feu qui t'enserrait les tempes au point de te faire presque tourner de l'oeil si quelqu'un s'amusait à faire un bruit trop fort lorsque tu étais dans les parages ou t'obligeant à te mordre la main pour éviter de hurler de douleur. Par chance, la lecture et le calme semblaient tenir ces fichus maux de tête à distance. Autant dire que tu en profitais donc encore plus en cet instant où tu avais l'impression que le temps s'était figé.

Il devait te rester une centaine de page lorsqu'une présence à tes côté, ou plutôt l'ombre qui t'empêchait désormais de lire correctement, t'arracha de ta lecture, te laissant avec une certaine irritation au creux de tes iris doré. Tu détestais singulièrement qu'on te dérange lorsque tu lis, particulièrement si la personne qui le faisait n'avait pas de très, TRES bonnes raisons de le faire. Restait à savoir qui avait eu l'audace de venir troubler ton instant d'errance, et pourquoi.

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Dernière édition par Loar Cyhiraeth le Sam 19 Avr - 21:40:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Sam 19 Avr - 21:28:25

Comme bien souvent, il ne savait pas exactement quel était la date du jour et encore moins l'heure. Sa notion du temps avait presque totalement disparue depuis qu'il était parti de chez lui... Aussi ne savait-il pas exactement combien de jours, semaines ou mois étaient passés depuis son arrivée dans ce nouvel établissement. On lui avait déjà dit pourtant mais c'était désormais un détail sans importance dans sa vie, si bien qu'il ne s'y intéressait tout simplement plus. Tout juste savait-il qu'il devait être là depuis une certaine période, bien qu'il en ait passé une bonne partie dans la chambre qu'on lui avait attribuée, à apprendre la langue des lieux.

Désormais qu'il était techniquement capable de communiquer avec tout le monde, il restait moins souvent enfermé chez lui et visitait un peu le coin. L'avantage, c'est que ce n'était pas une prison, il pouvait donc agir à sa guise du moment qu'il se confortait aux visites médicales.

C'est ainsi qu'il était tombé sur la bibliothèque une fois, sur ce domaine remplis de connaissances, de récits épiques et de poèmes enchanteurs. Un endroit rêvé à ses yeux, lui qui, après la musique, adorait se réfugier dans les livres pour s'évader et oublier ce qui lui était arrivé. Un endroit silencieux où il pourrait certainement passer du temps et être en paix dans ses moments de solitude. Ou alors, il n'entendait rien à cause de son casque. Mais la première hypothèse lui semblait quand même plus valable.

C'était peut-être pour cela qu'il y était justement aller aujourd'hui. Pas qu'il n'aimât point les autres pensionnaires, juste qu'il n'avait parfois pas envie de se coller à eux, tout simplement. Ici, il n'y avait quasiment personne. Même le bibliothécaire était tellement calme qu'il avait manqué de ne pas le voir, derrière son bureau, quand il était arrivé. L'atmosphère lui plût de suite et il se détendit étrangement, comme si rien ne pouvait se passer ici. Comme s'il n'avait jamais rien vécu. Pas de cauchemars, pas d'abandon, pas de douleurs...

Il s'était mis à flâner entre les lourds rayonnages sans avoir une idée bien précise en tête. Il ne savait même pas véritablement s'il était venu ici pour lire ou juste pour oublier un peu plus le temps qui s'écoulait inexorablement. Ses doigts s'égaraient quelques fois sur la couverture ancienne d'un livre sans pour autant le sortir de la place qui lui avait été attribué, il y a peut-être des années de cela. A vrai dire, s'il arrivait à s'exprimer plutôt correctement en français, il avait encore un peu de mal avec la lecture, si bien qu'il ne s'intéressait guère aux titres des ouvrages qu'il dépassait actuellement.

C'est ainsi, presque par hasard, ou par jeu du destin, qu'il aperçut finalement un jeune homme assis sur un coussin entre deux étagères. La peau diaphane, une chevelure d'un noir de jais et un énorme pavé sur les genoux, il ne semblait pas s'être rendu compte de son approche. Bien que n'étant pas spécialement intéressé par les très gros livres - s'il aimait s'évader par la lecture, il appréciait quand même de revenir sur Terre de temps en temps -, il se demandait quel auteur pouvait bien écrire autant pour faire un tel volume.

Arrêté devant le lecteur, il n'eut pas conscience qu'il était en train de le gêner, et interpréta son mouvement de tête vers lui comme une simple interrogation à sa présence. Un sourire le plus amical possible aux lèvres, il fit glisser son casque sur sa nuque pour dégager ses oreilles et pris la parole avec un léger accent dans la voix:

- Salut... Tu lis quoi ?
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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mar 22 Avr - 13:01:34

Tu observais la personne face à toi, qui n'avais pas foncièrement l'air de vouloir réellement te déranger, ignorant sans doute qu'il te gênait en restant ainsi entre toi et la source de lumière que diffusaient les néons de la bibliothèque, projetant son ombre sur ombre sur les pages que tu ne pouvais plus lire, malgré la meilleure volonté du monde et ta vue pourtant excellente.

Ton interlocuteur était blond, avec des yeux bleus électrique qui te rappelaient l'acteur qui jouait dans "Mon nom est personne", et qui avait le même genre de regard. Il devait faire dans les un mètre soixante quinze, quelque chose comme ça, était assez fin et semblait être là par le plus pur des hasard...
Sauf que pour te trouver, il fallait quand même chercher un minimum à s'enfoncer dans les méandres des étagères ployant sous le poids des livres, puisque tu t'étais réfugié à l'écart afin d'essayer de te distraire plus efficacement qu'en dessinant ou qu'en errant sans but précis en tête. À moins que lui aussi ne se soit juste enfoncé dans les rayonnages pour avoir un peu de paix ? Possible après tout, tu n'est pas le seul rêveur enfermé en ces murs.

Sa voix te ramène à l'instant présent. Tu remarques alors qu'il a enlevé son casque de ses oreilles, mais tu es étonné de ne rien entendre, alors qu'il ne semble pas avoir éteint un quelconque mp3 ou autre appareil du même genre. Tu hausses mentalement les épaules. Après tout, ce n'était pas tes affaires.
Tu te décidas enfin à lui répondre, le regardant dans les yeux, ayant par ailleurs noté l'accent de Styr. Tu ne connaissais pas cet accent, mais tu le trouvais assez joli

-... "Du côté de chez Swann", de Proust...

Beaucoup en t'entendant aurait eu l'air surpris voire choqué peut être. Proust était connu pour être un auteur particulièrement difficile à lire, à cause de son style particulier qui adorait les longues phrases qui pouvaient parfois faire plus d'une page entière, ce qui pouvait amener à perdre l'attention du lecteur, qui n'arrive plus à savoir quel était le point de départ de ce qu'il est en train de lire.

-Est-ce que tu peux te décaler s'il-te-plait ? Je n'arrive plus à lire...

La demande était sortie sans brusquerie. Malgré ton irritation, tu restais poli, courtois et assez doux. Tu savais combien il était désagréable de se prendre des remarques désobligeantes dans la figure alors qu'on ne pensait pas à mal. Tu attendis patiemment sa réponse et ses actions, le livre toujours grand ouvert sur les pages qui n'attendaient que ton attention pour te dévoiler la suite de l'oeuvre.

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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Dim 4 Mai - 20:47:38

Le jeune homme qu'il avait déniché, perdu en plein cœur de cette forêt de rayonnages comme pour tenter désespérément d'échapper à la réalité de cet endroit, avait relevé les yeux vers lui, lui permettant d'admirer un regard doré pour la première fois de sa vie. Enfin, il ne savait pas s'il était réellement heureux d'être interrompu dans sa lecture, mais il ne déchiffrait actuellement pas dans ses prunelles un quelconque agacement face à son intrusion dans son "domaine". D'ailleurs, là où d'autres personnes l'auraient certainement envoyé paître, son interlocuteur lui fit le plaisir de lui répondre.

- ... "Du côté de chez Swann", de Proust...

Sa voix était douce. A cause de la méconnaissance de cette si belle langue qu'était le français, il se trouvait bien incapable de savoir s'il avait un accent ou non. Lui savait qu'il en avait un, mais il l'avait apprise un peu sur le tas. Mais le son de sa voix était très plaisant à entendre. S'il avait eu l'humeur poétique, il aurait pu dire que c'était comme le glissement de la soie sur une peau dénudée. Quelque chose qu'on aimait, qu'on appréciait et dont on appréciait chaque seconde. Rien à voir avec les sonorités graves de sa langue natale en tout cas. Il ne put s'empêcher de sourire.

Quant à comprendre le titre de cet immense ouvrage... Et bien, il fallait s'y attendre, il pouvait échanger avec d'autres personnes relativement facilement mais les mots non-usuels ne faisaient pas partis du vocabulaire qu'on lui avait appris lors de son arrivée ici. Cependant, il hocha la tête, comme s'il savait de quoi le brun voulait bien parler. Il ne voulait pas être pris pour un idiot ou encore un inculte et il détestait admettre quand il ne savait pas - ou ne comprenait pas - quelque chose. En tout cas, il savait que cela ne ressemblait pas aux livres qu'il avait l'habitude de lire ordinairement. Trop gros, trop pesant peut être. Après, on disait toujours qu'il ne fallait pas juger un livre sur sa couverture, mais son choix, s'il avait pu lire, ne se serait certainement pas porté sur ce livre-là.

- Est-ce que tu peux te décaler s'il-te-plait ? Je n'arrive plus à lire...

Une légère moue dubitative apparue sur son visage. C'était une manière polie de lui faire comprendre qu'il était bien gentil, merci, mais qu'il n'avait pas besoin de compagnie actuellement et qu'il voudrait bien continuer à lire en paix. Enfin, à quoi s'attendait-il vraiment d'un tel endroit ? On avait beau présenter les choses joliment, ils n'étaient que des patients entre ses murs et il se doutait qu'il n'était pas le seul à avoir souffert avant de pouvoir souffler en ses lieux. Peut-être que la solitude valait mieux que l'abandon. Une faible vague de colère le traversa à cette pensée, faisant écho à un souvenir douloureux, mais il ne le montra pas et se décala gentiment sur le côté afin de ne plus gêner le lecteur.

- Désolé, ce n'était pas...

Il butta sur le dernier mot qu'il ne trouva pas dans son répertoire de vocabulaires français et il fut obligé de le changer au dernier moment pour tenter de finir sa phrase de la façon la plus correcte possible:

- ... Exprès...

De toute façon, vu sa façon de s'exprimer, il doutait sincèrement pouvoir se faire passer pour un natif du coin. Il tenta de camoufler sa gêne par un nouveau sourire et reprit néanmoins, histoire de savoir au moins à qui il s'adressait:

- Je m'appelle Styr Einarsson. Et toi ?
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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mer 21 Mai - 11:17:54

Tu avais remarqué la moue dubitative qui avait effleuré les lèvres de ton vis à vis. En même temps, tu venais ni plus ni moins que de le rembarrer, aussi poliment que tu le pouvais certes, mais ça ne changeait rien à l'intention de départ qui était de le faire bouger de la source de lumière qui éclairait les rayonnage et ton livre, du moins avant l'arrivée du blond. Encore heureux que tu n'ais pas poussé le vice jusqu'à dire, comme Diogène à Alexandre, "Ôte toi de mon soleil". Il y avait des limites à la délicate discipline d'envoyer bouler les gens. Et même s'il ne le montra pas, tu sentis une vague d'énervement le traverser, la joie de ressentir les émotions des autres avec plus ou moins de réussites selon les personnes. Tu préférais donc éviter d'imaginer ce qui se serait passé si tu avais été moins... conciliant avec le vocabulaire employé. Pas comme si tu ne pouvais pas te défendre, loin de là vu ton mètre 90 et tes anciennes activités amateur de karaté, mais vous étiez dans une bibliothèque, et tu respectais toujours énormément ce lieu de savoir, et refusais donc d'y commencer une bagarre.

En attendant, ton interlocuteur s'était décalé gentiment, et tu lui souris doucement pour le remercier. Oui, tu n'étais vraiment pas bavard, mais qu'importe, tu préférais communiquer en silence, cela t'étant beaucoup plus reposant. Les gens qui parlaient pour ne rien dire t'énervaient foncièrement, mais vu que la plupart du temps tu n'écoutais qu'à moitié, rêverie oblige, force est de constater qu'en fait, tu étais passé maître dans l'absence lorsque ces moments arrivaient. Au plus grand énervement de certains, mais qu'importe.

Tu l'écoutas s'excuser maladroitement de t'avoir déranger, gêné par ta langue maternelle qui n'était pas si facile que cela à apprendre pour les étrangers. Tu esquissas un nouveau sourire pour lui faire comprendre que ce n'étais rien, avant de replonger tête baissée dans ta lecture, gardant tout de même une oreille dans le réel, sait-on jamais si ton vis à vis souhaitait continuer un brin de conversation, ce qui fut le cas.

- Je m'appelle Styr Einarsson. Et toi ?

Tu relevas la tête de tes pages afin de lui répondre, ne te sentais plus si agacé que ça par cette discussion qui t'empêchait de lire comme tu le souhaitais. Et puis, tu avais bien passé quatre heures entières à lire non, tu pouvais bien faire une petite pose.

- Loar Cyhiraeth. Enchanté.

Ta voix était toujours douce et calme, tes doigts restaient posés sur les pages ouvertes, et tes yeux couleur d'or fixaient ceux, bleu électrique, de ton vis à vis.

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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mar 24 Juin - 9:47:05

S’il fut agacé par l’attitude de son vis-à-vis quand il lui demanda avec politesse de s’écarter, cette émotion disparue bien vite. Il comprenait bien qu’il l’ait déranger en pleine lecture, ce qui n’était pas forcément ce qu’il souhaitait à la base. D’un autre côté, heureusement qu’il était d’un naturel calme, il n’osait pas imaginer ce que d’autres personnes auraient pu faire sinon. Et encore, il lui avait dit ça avec une extrême politesse !

Il plissa son nez, plus pour se concentrer sur les sonorités du nom du jeune homme quand celui-ci se présenta – ne semblant d’ailleurs plus autant concentré sur son livre. Il aurait cru qu’il ne voudrait pas répondre, il était donc ravi de voir le contraire. Machinalement, ses lèvres bougèrent pour tenter de reproduire les sons qu’il avait entendu tout en tentant de ne pas écorcher son prénom, exercice ô combien délicat quand on commençait à peine à comprendre et parler une langue étrangère. De son, point de vue, le nom du brun était presque poétique, les syllabes s’écoulaient gracieusement sous sa langue et les lettres se mêlant harmonieusement entre elles.

- Loar… Cyhi…

Il buta sur la fin du nom malgré ses efforts, ce qui l’agaça. Décidément, il avait hâte de pouvoir correctement s'exprimer avec ceux qu’il rencontrait, cela devenait gênant de ne pas réussir à parler comme il le souhaiterait. Il secoua la tête, comme pour se punir lui-même de ses erreurs, et adressa un sourire d’excuse à Loar pour ses piètres paroles qui ne devaient pas rendre hommage à cette chère langue française.

- Désolé… C’est un très beau prénom.

Depuis qu’il avait commencé à visiter l’institution et donc à croiser d’autres personnes, sa méthode favorite quand il se trompait, afin de détourner l’attention de ses erreurs, était de changer complètement de sujet. Bien entendu, c’était clairement visible par tout le monde et on lui dirait certainement qu’on ne lui en voulait pas parce qu’il se trompait quand il parlait une langue qui n’était pas la sienne – on apprend de ses erreurs après tout -, mais il avait bien du mal à se laisser aller malgré tout. Avec ce qui lui était arrivé, il avait fini par devenir un peu trop indépendant… Pourtant, cela lui serait bien plus simple d’apprendre correctement cette langue s’il conversait régulièrement avec d’autres et qu’on corrigeait ses fautes. Le pire, c’est qu’il le savait. Mais par réflexe, il tenta quand même de détourner la conversation :

- C’est de quel pays ?

Il cherchait plus à savoir de quelle origine était tirée le prénom du lecteur plutôt que le pays d’où il venait, mais il ne savait pas quel mot il pouvait vraiment employer dans ce contexte, il espérait quand même que sa phrase serait claire, ce qui n’était pas toujours le cas…
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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mar 24 Juin - 10:26:50

Tu ne regardais plus ton livre, tes yeux observant ton interlocuteur qui se concentra alors que tu lui donnait ton identité. Il ne devait pas être originaire d'un pays anglo-saxon vu son mal à prononcer ton nom de famille.
Tu sentis son agacement lorsqu'il buta sur la fin de ton nom, comme s'il s'en voulait de ne pas réussir à le prononcer. Il secoua d'ailleurs la tête et changea de sujet, ce que tu ne relevas pas. Après tout, tu avais déjà connu ça, même si généralement tu n'en avais que faire. L'or de tes iris était toujours amarré au bleu électrique des yeux de ton interlocuteur, sans méchanceté. Tu attendais, tout simplement. De nouveau, tes lèvres bougèrent, laissant sortir quelques mots portés par ta voix grave et profonde.

-Il n'y a pas de mal. Merci, le tien aussi est très beau.

Et ce n'était pas un compliment en l'air. Tu le pensais réellement. Tes doigts étaient toujours accrochés au livres de Proust, et ton pouce gauche caressait d'ailleurs machinalement le papier de la page couverte de mots imprimés en noir. Tu adorais faire ce geste, inconsciemment, cela t'apaisait comme une musique calme.
Puis vint la question de l'origine de ton identité. Tu clignas légèrement les yeux de surprise, en restant calme. C'était bien l'une des premières fois qu'on te demandait d'où venaient ton prénom et ton nom.

-Loar vient du breton, ça signifie "lune". Quand à mon nom... C'est celui d'une divinité celte de l'eau. Mais la voir signifie souvent une mort imminente.

Tu omis de préciser qu'elle aidait souvent les médecins et qu'elle favorisait les habiletés psychiques et l'intuition. À bien y réfléchir, ton identité te collait parfaitement à la peau. Surtout au vu des modifications qui commençaient à venir sur ta peau.
Tu fermas les yeux un court instant. Ce n'était pas le moment de penser à ces espèces de cristaux de nacres qui apparaissaient de manière subite et glaciale sur ton épiderme. Rouvrant tes paupières et plongeant tes yeux dans ceux de ton interlocuteur, ce fut à toi de poser une question :

-Et toi ?

Tu aimais bien savoir d'où venaient les noms et quels étaient leur signification. Souvent ça renvoyait à un passé lointain qui te faisait quelque peu rêvasser. Qui sait, peut être que cela te ferait la même chose avec ton interlocuteur...

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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mer 25 Juin - 8:16:56

Heureusement, son interlocuteur ne releva pas ses fautes. Il l’avait certainement remarqué mais il avait la politesse de faire comme si, ce qui l’arrangeait et lui fit plaisir en même temps. Un léger sourire de remerciement vient fleurir sur ses lèvres alors qu’il dévisageait l’autre sans la moindre méchanceté, juste avec intérêt. Pas comme on dévisage un animal, au contraire ! Il détaillait juste les traits de son visage, ses boucles brunes et la couleur si peu commune de ses yeux qui s’en trouvaient fascinants… Sans véritablement le connaitre, Styr le trouvait sympathique, même s’il semblait préférer les livres à la compagnie des hommes. Et puis, son compliment sur son prénom lui fit plaisir, bien qu’il ait une sonorité plus dure que le sien.

Il fut ravi de l’entendre lui répondre concernant l’origine de son nom, ayant eu peur de s’être montré indiscret en lui posant la question. Il devait avouer qu’il n’avait cependant pas compris tous les mots de sa réponse mais il en saisissait le sens global, ce qui était suffisant. Son prénom était donc lié à l’astre lunaire. Cela pouvait sembler surprenant mais il pensa étrangement que cela semblait bien lui correspondre. Un lieu hors d’atteinte si on ne s’en donnait pas les moyens. Quand à l’explication sur son nom de famille, elle le fit légèrement sourire, sans moquerie cependant. Un dieu de l’eau ? Dire que son propre prénom était lié à cet élément également… Et la lune n’agissait-elle pas sur les flots ? Nul doute que cela lui correspondait bien.

- Cela va bien ensemble je trouve…

Et il aimait beaucoup la signification qui était accrochée à ses noms. Les mythes avaient quelque chose à la fois d’attirant et d’effrayant pour lui, peut être à cause de tous ses cauchemars qu’il avait fait avant. Même si les dieux ne pouvaient pas exister, c’était quand même un plaisir de savoir que certains en portaient le nom. Il fut secrètement content quand Loar lui en demanda plus sur le sien, comme une preuve qu’il s’intéressait un peu à lui et à ses origines. Au moins, il n’était pas repoussé.

- Je suis islandais. « Son », ça signifie « fils de » et « Einars », c’est le prénom de mon père, nous n’avons pas de véritables nom de famille dans mon pays. Et « Styr », c’est le nom d’un fleuve.

Ce qui expliquait qu’il avait trouvé amusant de savoir que son nom était lié à une divinité de l’eau, quand on savait qu’il avait le nom d’un fleuve de son côté…
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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mer 25 Juin - 21:04:27

Tu avais souris légèrement en guise de remerciement lorsque ton interlocuteur blond te dit qu'il trouvait que ton nom et ton prénom s'agençaient bien ensemble, sourire qui se fit un peu plus franc lorsqu'il te révéla la signification de son prénom. C'était assez amusant de voir que vos identités respectives vous liaient d'une manière étrange.

Styr... Ce nom te rappelait celui d'un autre fleuve, celui du Styx. Aussitôt, tu te revis, penché sur un immense livre, ta soeur à tes côtés, tous deux assis sur ce qui semblait être le vieux canapé du salon de chez toi. Le livre que vous aviez en main était celui que t'avais offert ta mère pour tes dix ans, une immense encyclopédie mythologique que tu prêtais régulièrement à ta soeur lorsqu'elle en avait besoin. Pour le coup, vous vous amusiez ensemble à feuilleter l'ouvrage, lisant attentivement ce qui y était écrit, animé par une curiosité insatiable.
Vous aviez fini par tomber sur le Styx, fleuve des Enfers que faisait traverser Charron aux âme qui payait le passage pour aller dans le royaume des morts. Ni toi ni ta soeur n'aviez eu le moindre mal à imaginer la scène, vos yeux s'étant fait lointain alors que vos doigts tenaient les pages de l'imposant ouvrage. Cette curiosité ne vous avait jamais quittée, même lorsque vous étiez partis du lycée afin de faire vos études supérieure. Même dans l'institut, tu aimais de temps à autre te plonger dans les mythes anciens, que ce soit ceux de ton pays ou ceux d'un autre continent.

Tu clignas des yeux et souris à Styr. Tu sentis bien que tu ne pourrais sans doute pas finir ce livre que tu tenais entre tes doigts et dont il ne te restait pourtant qu'une centaine de pages à lire. Une intuition sans doute diraient certains, et ils ne croyaient pas si bien dire.

Une brusque douleur à la tempe t'empêcha de te pencher davantage sur le pourquoi tu allais devoir abandonner l'ouvrage. Ô joie, tes migraines revenaient. Posant une main sur ta tempe en grimaçant légèrement, tu refermas le livre de Proust, respirant calmement afin de penser à autre chose. Tu détestais singulièrement ces maux de tête, et tu les craignais quelque peu, car ils étaient généralement accompagnés de crises plus ou moins violentes. En espérant que ce ne soit pas le cas aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Mar 5 Aoû - 20:57:32

En fin de compte, l'origine de son prénom n'avait rien de très exceptionnel. Pour un peu, il en envierait Loar, qui avait une véritable signification à ce qui constituait son identité. D'un autre côté, il aimait bien son prénom, sans savoir vraiment pourquoi ses parents avaient finis par l'appeler ainsi au final. Et il n'était pas près de le demander maintenant. Cela faisait certainement partit des spécificités à son pays, il avait cru lire qu'il y avait une liste de noms qui pouvaient être portés en Islande. Il n'avait jamais approfondit le sujet, mais peut-être que cela venait de là. Pour lui, cela ne lui semblait pas relativement étrange mais c'était des coutumes propres aux siens après tout, et vieilles de quelques temps en plus !

Il aurait voulu en demander plus à Loar. Il avait l'air tellement à l'aise dans cette bibliothèque qu'il aurait pu lui raconter qu'il avait fait le tour de tous les livres qu'elle contenait qu'il l'aurait cru ! Il aurait voulu pouvoir profiter de cette connaissance qu'il avait et qui lui faisait pas mal défaut de son côté. Il aurait voulu en apprendre plus, sur les pays, les us et coutumes, la façon de vivre même, des endroits qu'il ne connaissait pas. Il aurait voulu en parler, pendant des heures mêmes, oublier le temps qui passe et boire les paroles de l'autre pour en apprendre à son tour, lui qui n'avait pourtant jamais été un très bon élève jusque là. Il aurait voulu comprendre.

Il aurait voulu beaucoup de choses à cet instant et cela n'avait rien à voir avec les événements du passé qu'il ne pouvait aucunement changer, comme c'était le cas d'ordinaire. Mais il ne le pouvait pas véritablement.

Oh, bien sur, il aurait pu se dire que c'était parce qu'il doutait que l'autre accepte ainsi son débordement de questionnements. Ou encore expliquer à sa conscience que Loar lisait, actuellement, et qu'il ne ferait que le déranger pour des choses certainement futiles. Il aurait également pu se dire que le brun ne pouvait tout simplement pas avoir envie de lui accorder de l'attention, à lui, un simple inconnu qui venait l'embêter et qu'il ne connaissait absolument pas. Pour finir, il aurait même pu évoquer l'excuse de la barrière de la langue, la crainte de ne pas tout comprendre et de ne pas totalement être compris. Oui, s'il l'avait voulu, il aurait pu en dire des choses, à cette masse d'envie qui grouillait au fond de lui afin de la calmer et de la maintenir sous silence.

La vérité, c'était qu'il n'avait pas vraiment eu le temps de penser à tout cela. Après être partit quelques instants dans ses pensées pour se remémorer brièvement les habitudes de son pays natal, il avait vu l'autre grimacer tout en fermant son livre. Il avait vu un léger éclair de souffrance dans son regard.

Alors il avait oublié cette nouvelle lubie, ses questions qu'il aurait pu poser, et ses interrogations s'étaient muées en inquiétude. Il s'accroupit:

- Tu ne te sens pas bien ?...
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MessageSujet: Re: Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]   Dim 31 Aoû - 13:19:49

Les doigts posés sur ta tempes, tu essayais tant bien que mal de chasser les pics de douleur qui allait en s'intensifiant. Tu accéléras instinctivement ton rythme respiratoire, te mordant la lèvre pour ne pas gémir, fermant les yeux en priant pour que tu n'ais pas de crise.

Ta prière ne fut pas entendue, hélas. Tu ressentais faiblement l'inquiétude de Styr alors que tu te plantas les ongles dans le crâne, ne pouvant cette fois ci réprimer un cri de douleur, un froid insidieux se répandant dans tes veines.

Tu rouvris les yeux. Et tout bascula. tu avais l'impression que ton corps se faisait attirer par une immense boule bleue striée de volutes blanches. Tu te débattis, les pupilles dilatée par la peur alors que tu te sentais chuter, encore et encore, ce genre de chute qui dure une éternité dans l'espace d'une seconde. Derrière toi, une sphère nacrée s'éloignait, te perdait, malgré tes efforts pour la rejoindre.

Des larmes de pure peine coulaient de tes yeux, un cri de détresse s'échappa de tes lèvres qui se teintaient de bleu. Et puis le choc contre le sol. Tu te cambras, ouvrant la bouche dans un hurlement silencieux qui résonna dans ton crâne. Tu avais l'impression de t'être disloqué à terre, que tes os, transformés en cristal, n'étaient plus que des fragments aiguisés qui rentraient dans tes membres.

C'était insupportable. Mais le pire n'était pas cela, le pire était la douleur qui déchirait ton torse, tes sentiments. Tu te recroquevilla à terre, tremblant de tous tes membres, portant tes mains à ton torse. Ça faisait mal. Si mal... Et puis...

Tu eus l'impression que ton coeur se déchirait d'un coup. Ton corps s'arqua alors qu'un hurlement de douleur franchit tes lèvres, résonnant dans les rayons de la bibliothèque silencieuse. Tu avais l'impression de devenir fou, une immense mélancolie envahissant ton corps qui gisait à terre. Tes larmes baignaient tes yeux qui se fermaient sous un évanouissement brutal, te coupant du monde et de ton corps gelé, la respiration affaiblie.

Ta dernière pensée avant le néant rencontra une voix enfantine que tu pris pour une hallucination. Cette pensée que tu ne cessais de te répéter depuis que tu avais ces hallucinations. Que tout s'arrête. Et que rien ne recommence.

_________________
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Moment d'évasion... Qui ne dure pas [Libre]

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