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 painting stories with our lips • Benedict R. F. Galloway

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MessageSujet: painting stories with our lips • Benedict R. F. Galloway    Dim 30 Mar - 18:53:37

      De petits insectes ailés flottaient autour de moi, suspendus à des fils transparents ou du moins, paraissaient l’être. Des filaments de sang apparaissaient sur le galbe de ma peau si blanche ; une douleur sourde me picotant le derme. Cela était à peine si je la ressentis, si je la compris. Mon souffle échappait à mes poumons jusqu’aux cadavres inertes autour de moi ; ceux des papillons.

      Ces bestioles sont ton entourage. Elles, Il, vont, va te manger. Se nourrissant petit à petit de ta souffrance. »

      Des bruissements de draps ; des battements d’ailes. Le sommeil m’entravait toujours de ses lourdes chaînes, m’empêchant de prendre pleinement conscience de ce qui se passait au-delà. M’empêchant de savoir ce qui se tramait dans le monde extérieur. M’emprisonnant dans mon enfer personnel. Paupières closes ou pas, je l’ignorai, mais je vis de nouveau ces bêtes— les vis approcher ces plaies que je perçus enfin clairement sur mon corps— elles se posèrent et butinèrent ? Mon sang ? Ou ma souffrance, comme l’eut dit la voix ? Cela n’avait rien d’agréable, ou de plaisant. Je poussai un cri ; ouvrant la bouche et essayant de produire un son. Rien ne sortit. Je m’agitai, tentant en vain, par tous les moyens, de secouer ces pestes—

      Rien n’y faisait. Elles étaient fermement agrippées à ma chair.

      Un éclat de lumière perça le rideau entre la réalité et le rêve. Je me sentais comme un noyé qui cherchait désespérément à rejoindre la surface pour respirer de nouveau. Et qui, malheureusement, n’y parvenait pas. Je réalisai que c’était un cauchemar, mais ne pouvait pourtant pas m’en échapper. Cela s’avérait cruel en soi, un piège tendu par mon esprit seul.

      Mais cette voix… D’où venait-elle ? Pourquoi ne disait-elle rien ?

      J’hurlai à pleins poumons, me redressant d’un mouvement brusque dans le lit. La pureté du lieu m’aveugla un instant, mais cela s’avérait être le moindre de mes soucis. J’étais perdu. Mon cœur tambourinait au creux de ma cage thoracique, contre mes tempes. J’étais couvert d’une fine pellicule de sueur et j’eus le réflexe de regarder mes bras en anticipant la présence de papillons— mais il n’y en avait pas. Je pensai ensuite au diététicien, mais en parcourant la pièce des yeux ne le vit pas non plus. Je n’étais plus dans le labyrinthe, parmi les hautes haies. J’étais de retour à l’institut, enfin j’assumais la vérité comme telle, mon corps dissimulé par de draps blancs.

      Et non sans égratignures, en espérant que ce ne soit que cela ; des griffures provenant de buissons. Des blessures sans gravité, qui ne me vaudraient qu’un court séjour sur le matelas auquel j’étais cloué. Bien-sûr, j’aurais probablement pu me redresser et sortir de la pièce. Mais ce serait avouer que j’eus quelque chose à cacher. Je ne désirai pas l’avouer, tout du moins, pas encore. Si le médecin était futé, il le verrait tout de suite. S’il l’était moins, je paraitrais simplement déboussolé, déshydraté— proie à de folies intermittentes…
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MessageSujet: Re: painting stories with our lips • Benedict R. F. Galloway    Ven 18 Avr - 20:01:42


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