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 Pique-Nique

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MessageSujet: Pique-Nique   Lun 14 Oct - 15:30:11


J'ai froid.
J'attends sagement Loras, assis sur un drap blanc que j'ai ramené de l'infirmerie. Le blanc, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour un pique-nique : entre les tâches de terre et celles de nourriture... Mais tant pis, après tout, si la lessive de l'institut arrive à effacer les tâches de sang, elle ne devrait pas avoir de difficultés à nettoyer les autres tâches ! Je retire mes lunettes et prends le temps de les nettoyer, avant de les remettre sur mon nez. Je les remonte du bout de mon index, avant que mes yeux bleus ne se tournent vers l'horizon. En face de moi, je peux voir deux montagnes qui se rejoignent, la vallée en leur sein étant plongée dans un brouillard nuageux... J'esquisse un sourire. Une brise glacée m'arrache une petite grimace et me rappelle de vieilles courbatures. Avec l'âge, ce n'est d'ailleurs pas prêt de s'arranger, et je soupire à cette idée. Vivement que je retrouve la chaleur de mon lit ou celle de mon bureau... Mon cœur me semble aussi courbaturé que mon corps. Mais depuis quelques temps, quelque chose le réchauffe. Quelqu'un...

C'est désagréable de le penser. C'est insupportable de se penser si niais. Et pourtant, je n'y peux rien. Malgré mon acharnement pour abandonner ces joies futiles et naïves d'adolescent ! Hier encore, je me sermonnais devant mon miroir tout en me rasant. Comme si il était décidé à apporter un peu de douceur à ma vie, voilà que Loras m'a fait prendre un peu de poids. Oh, rien de très important, juste quelques kilos que j'ai du mal à cacher à cause de mes vêtements moulants. Cela m'apprendra à porter des tenues près du corps ! Je rentre d'ailleurs un peu le ventre à cette idée. J'arrive encore à refermer ma blouse ou mon pantalon, mais mes rondeurs naissantes se laissent deviner malgré tout. J'ai même eu droit à quelques moqueries. Mais, heureusement ou malheureusement pour lui, Benedict affiche une bedaine qui attire bien plus les regards que la mienne ! Je suppose que l'âge doit aussi participer...

Je porte un simple jean, aujourd'hui. Une chemise blanche, une cravate bien nouée, et ma blouse par dessus. J'hésite et je finis par m'allonger à même l'herbe, déposant de nouveau ma main sur mon ventre. Je me sens un peu complexé, je crois... Bien que cela ne me dérange pas. Après tout, Loras me dit que cela me va bien, et il n'est pas le seul. Je ferme à demi mes yeux clairs et je me laisse aller à une douce somnolence, quelques instants. Cela va faire de nombreuses nuits que j'ai des difficultés à fermer l’œil. J'ai essayé de parler à M.Daw de l'accident qu'il y a pu y avoir, il y a de cela quelques jours : il reconnaît la coupure d'électricité, mais s'est amusé de mon récit en ce qu'il concernait la créature. Je ne pense pas que c'eut été un patient... Quoi que, qu'est ce que ça aurait pu être d'autre ? Je ferme à demi les yeux, puis je les clos complètement. Depuis que je suis ici, d'étranges événements surviennent. Pas seulement cette maladie inconnue dont souffrent les patients, non. Quelque chose de plus sombre, de plus inquiétant. Quelque chose que je ne comprends pas, que je parviens pas même à deviner. Je ne me suis guère senti en sécurité ici et ce ressentiment va en augmentant. Qu'en est-il des patients ? J'imagine que la situation n'est pas vraiment simple pour eux non plus...
Mon ventre gargouille et je retiens un grognement agacé. J'y joins mes deux mains pour essayer d'étouffer les plaintes de mon estomac vide et le convaincre au silence. Il n'y a rien de plus gênant qu'un gargouillis intestinal dans le silence d'une salle de laboratoire... Mais après tout, je suis dehors. J'attends Loras. Je l'attends tellement que je finis par paisiblement m'endormir sous les caresses de la brise. Cela m'apprendra à venir une heure en avance pour être sûr de ne pas être en retard...
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MessageSujet: Re: Pique-Nique   Sam 26 Oct - 20:47:13


Pique-Nique




Je n’ai jamais été aussi calme de toute ma vie, kupo. Jamais. Je crois que si je suis calme, pour une rare fois, c’est simplement parce que j’ai peur… Je ne panique jamais quand j’ai peur. Je me sens juste incapable de faire quoique ce soit, et j’ai même peur d’avoir raté le repas. D’avoir loupé ce que j’ai cuisiné, kupopo… J’ai pour la première fois loupé ma mousse au chocolat deux fois de suite et j’ai du en refaire une… Les pommes de terre ont brulées, la viande aussi. Je suis nerveux et je tremble même, kupopo… Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? Voir Ludwig me met dans tous mes états et kupopopopo ! Je rate tout ! Je suis nul nul nul ! Cuisinier nul ! Mais pourtant j’ai tout refait. J’ai refait un plat froid, une grosse salade de pâtes avec des petites tomates cerises, quelques dés de jambon… D’habitude je fais mieux, mais j’ai tout de même fait tout ça. Bon, oui kupo, j’ai aussi fait de la salade verte, de la salade de tomates, un petit potage, j’ai emmené du jambon, du jambon cru, du surimi, plein de choses au cas où il n’aime pas ! Je voulais faire des sushis, mais vu l’heure, je n’avais pas le temps du tout d’en préparer ! La cuisson du riz aurait été catastrophique et Ludwig ne m’aimerait pas si je lui apportai des plats pas bons, kupo. Peut-être qu’il n’aime pas la salade de pâtes ? Peut-être qu’il ne va rien manger ? Peut-être qu’il va détester tout ce que j’ai fait ? J’ai aussi emmené plusieurs desserts par secours. J’ai refais ma mousse au chocolat, mais j’ai fait du crumble de pommes et une salade de fruit, aussi. Il fait un petit peu froid, mais la salade de fruits, c’est bon tout le temps ! Kupo, j’espère vraiment qu’il va aimer tout ce que j’ai fait… J’ai même eu le temps de faire moi-même les sauces, et j’ai fait un jus de fruit aussi ! Tout moi-même ! Oui, kupopo… Je suis levé depuis cinq heures ce matin pour tout faire et pour aussi préparer le repas pour le reste de l’institut. Pizza pour tout le monde ! Je n’aime pas spécialement ça, mais vu que je serai absent, kupo, il faut quelque chose de simple pour tout le monde, non ?

Je suis devant mon miroir, dans ma chambre, et j’essaye plein de vêtements. J’ai envie de mettre de la couleur, mais à la fois non parce que je veux pas que ça soit ridiculkupo. Mes tee-shirt me vont trop petits pour la plupart. Je voulais m’habiller comme tout le monde, mais pourtant, je vais encore mettre une chemise blanche ! Rien de bien original. Au moins, je crois qu’elle ne me serre pas trop. Si, un peu comme d’habitude, elle laisse bien voir que j’ai un beau bidou, mais bon. Un petit jean un peu clair, mes chaussures, et tadam ! Le plus beau des kupos ! Peut-être que Ludwig espère que je vais m’habiller de façon plus classe ? Mais je n’ai pas de choses… comme lui, moi. Mi je ne suis pas aussi beau que Ludwig… Lui, je sais qu’il sera tout beau quand je vais le voir, je sais qu’il sera bien habillé et bien coiffé ! En plus, maintenant qu’il prend un petit peu de ventre, il est encore plus beau, et je l’aime beaucoup… Bon allez. Il est temps que j’y aille ! Je récupère le panier, je vais chercher tout ce qui est au frais et je me mets en route.

Il m’a envoyé un petit message ce matin, kupo, me disant que je dois le retrouver dans le pré. Mais il est grand, ce pré ! Comment est-ce que je suis sensé le retrouver alors que je panique à l’idée d’avoir tout mal fait ? Mais je le vois, un petit peu plus loin, et je me rapproche de lui pour poser le panier. Chut Loras ! Ne parle pas ! Il semble si bien dormir. Un sourire m’échappe, kupopo. Il est tout beau, mon Ludwigchouchérikupo… Alors je redresse mes lunettes et je m’allonge pour me glisser vers lui. Voui. J’ai envie de le calinerkupo !

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MessageSujet: Re: Pique-Nique   Dim 1 Déc - 22:32:45


Mes rêves sont désagréables. Sont un vrai cauchemar. Assez rapidement, je fronce les sourcils, je remue dans mon sommeil. Mes muscles se détendent, mais semblent envoyer comme des décharges à tout le reste de mon corps, comme si leur apaisement passait obligatoirement par cette évacuation d'adrénaline dans mes rêves. Je me perds dans des scènes affreuses. Celles de villages construits à la va-vite, celles d'une tente de soin où l'hygiène est déplorable, où je dois tenter d'opérer des patients dans des états désastreux. On a parfois si peu de matériel que l'on doit mesurer les doses de calmant, les doses de morphine, de sorte qu'on assiste parfois impuissants à la souffrance de certains. J'ai même déjà eu à faire à de pauvres hommes désespérés prêts à me tuer pour que je leur donne cette fichue marchandise, pour qu'ils puissent effacer leurs souffrances ou celles de leurs proches... Je revois le sang sur mes mains, les ustensiles que l'on en venait à désinfecter avec de l'alcool et un briquet. Les soins que j'ai dû rapidement fournir comme cautériser une plaie. Il me semble avoir encore dans le nez les lourdes et âcres fragrances de chairs calcinés. Loras me voit m'agiter, remuer mes jambes, ma main parfois, comme pour chasser une nuée de mouches, comme pour repousser vainement ce qui me hante. Mon souffle lui même semble troublé, coupé par une reprise soudaine de ma respiration, par un soupir sinon plus profond qui me vide complètement mes chères alvéoles pulmonaires...

Caresse-t-il mes cheveux ? Si il le fait, il peut sentir mon front en sueur. Mon cœur bat la chamade, s'emballe tellement qu'il rate parfois quelques battements. Mes muscles se contractent jusqu'à qu'enfin, je m'éveille dans un sursaut violent digne d'un homme pris d'une crise de tétanie. Je me redresse déjà, le souffle rapide, une main posée vers mon diaphragme. Bon sang, j'ai un terrible point de côté qui me poignarde les côtes. Je force mon souffle à se ralentir et je tourne la tête vers Loras étendu près de moi. Je craque et je prends brusquement sa main pour la serrer dans la mienne. Pour m'assurer qu'il est bien là, que je suis bien ici, près de lui, et non pas sur un champ de bataille. Je caresse sa peau du bout de mon pouce, pour ne plus penser à l'affreuse sensation du sang poisseux, glacé sur mon derme. Non, sa peau est chaude, douce, tendre sous mes caresses. J'ai envie de me réfugier contre lui, de blottir mon visage contre son cou ou contre son ventre. Pour qu'il me serre contre lui, qu'il m'emprisonne et me fasse oublier ces choses qui me hantent, me rongent. Je me sens parfois comme un damné qui n'attend que le jugement dernier, que les bras du Sauveur qui lui permettront d'échapper aux tortures infernales, aux tortures éternelles.

Notre conscience nous permet de raisonner, mais est aussi un engin de pure torture sur lequel on n'a tout simplement aucun contrôle. Je n'ai pas une morale élastique, loin de là, mais mes principes bien strictes sont les piliers de l’échafaud, de la lame qui s'abat incessamment sur mon âme, sur mon cœur, les mettant en chairs, en sang. En lambeaux misérables qui se raccrochent tant bien que mal pour me permettre de vivre, de ressentir, bien que les remords, les regrets pulsent à chaque battement de cœur comme une plaie ouverte. Je tends mon autre main et la perd dans les cheveux doux, légèrement bouclés, du jeune homme. J'ai besoin... D'un peu de réconfort. Oui, moi, le scientifique dur au regard glacé, l'homme si vite inflexible... Eh bien je fléchis. Je le relâche et je nettoie finalement mes lunettes, mais mes yeux se mouillent sous la fatigue et les émotions.
_ Pardonne moi, Loras, j'ai fait un mauvais rêve, lui dis-je finalement en remettant mes lunettes sur mon nez.
_ Que nous as-tu donc apporté de beau ? Bon sang... Tu as vu la taille de ton panier ? Nous ne sommes que deux, pas un régiment, je plaisante pour essayer de me changer les idées. Ah, ce garçon, toujours à en faire trop... toujours à craindre que l'on puisse manquer de quelque chose. Et moi.. Je suis si avide d'attention. Si avide que l'on s'occupe de moi. Mais ça, je n'ose pas même me l'avouer.


Dernière édition par Ludwig Undume le Mar 21 Jan - 8:29:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pique-Nique   Ven 20 Déc - 21:35:14


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Je n’ai jamais vu Ludwig dans un état pareil et ça m’inquiète, kupo… D’habitude il est calme, tout calme, toujours calme et sérieux. Il ne sourit pas et se contente de soupirer sans montrer le moindre signe de faiblesse. Il en fait jamais de signes violents, jamais de gestes brusques, ce genre de choses qui me font peur. Mais pourtant, kupo, là il le fait, et j’ai vraiment peur. Est-ce qu’il est malade ? Est-ce que je le gêne ? Si ça se trouve c’est à cause de moi qu’il s’agite et il veut que je m’en aille, que je me détache de lui ? Kupo… je n’ose même pas bouger et j’effleure simplement son corps parfois comme pour espérer que cela puisse le détendre alors que non. Je n’ai pas envie non plus que cela s’empire à cause de ce que je pourrais faire ! Peut-être que c’est l’odeur de la nourriture ? Peut-être que ça ne sent pas bon, qu’il fait une allergie ou que cette odeur lui rappelle quelque chose qu’il n’a jamais apprécié ou un mauvais moment de sa vie ? Je ferme les yeux. J’ai peur de faire quelque chose de mal, je crois. Je n’ai pas envie, kupopo, après tout c’est Ludwig et je veux qu’il apprécie ce que je fais pour lui… Parce que j’ai fait tout ce petit repas pour lui, juste pour lui…  Et moi je veux qu’il soit tout heureux, pas qu’il me fasse peur comme ça.

Ou alors peut-être qu’il fait simplement un cauchemar… Oui. Un cauchemar. Un cauchemar comme moi j’en fais souvent, quand je deviens une petite bête toute ronde qui vole de partout, court parfois, dévore tout ce qu’on lui donne et qui recommence inlassablement ce genre de choses, qui aide des aventuriers, qui distribue du courrier et qui mange à nouveau. Je ne sais pas vraiment si c’est un cauchemar, kupo, mais le fait que j’en rêve de plus en plus souvent me fait peur à moi aussi, et je me dis que ce n’est pas normal. Alors peut-être qu’il rêve qu’il est une petite bête ronde et toute velue qui fait kupo, kupo, lui aussi ? Peut-être qu’il a peur come moi de se réveiller avec plein de graines sur le visage comme dans son cauchemar, peut-être qu’il est en train de distribuer le courrier des kupos et que c’est pour ça qu’il agite les bras comme ça ? J’aimerais bien savoir. J’aimerais bien savoir, parce que ça voudrait dire qu’il aime mon repas tout d’abord, et peut-être que je pourrais l’aider à aller un petit peu mieux, parce que je sais moi maintenant ce que font les kupos pour aller mieux ! Je sais qu’il faut rester calme, je sais tout comment faire. Et ça va un petit peu mieux pour moi … Alors je tente de me plaquer un petit peu plus contre lui pour le prendre dans mes bras, mais il se relève d’un coup, kupo, et ça me fait encore plus peur.

Il semble tout perdu, et moi je deviens perdu aussi quand il prend ma main dans la sienne. Je le laisse faire et je le regarde même avant de fermer les yeux pour profiter au mieux du moment. Ca me fait du bien, je crois. Ca me rassure beaucoup aussi, kupo. Peut-être que ça l’aide à se sentir mieux, et moi je n’en demande pas  plus à dire vrai, kupopo… Je souris alors avant de cligner des yeux. Je m’attendais à tout sauf à ce qu’il passe sa main dans mes cheveux, un tout petit moment. Mes boucles blondes peuvent s’enrouler autour de ses doigts et le taquiner un peu… Mais il arrête trop tôt et je baisse alors les yeux.

    « Mais j’ai fait tout ça pour nous tu sais, et y’a pas tant de choses, il y a juste tout ce qu’il faut pour un bon repas pour tous les deux, et ça te fera des restes pour ce soir ! Et puis peut-être pour demain aussi on sait jamais. »


Puis finalement, eh bah je vais dans ses bras et je me serre tout contre lui dans un grand sourire. C’est tout chaud, contre lui. Il a vraiment du avoir peur pendant son cauchemar, kupopo…

    « Ludwig, kupo… Ca va mieux maintenant ? J’avais tout peur kupo pour toi… »



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MessageSujet: Re: Pique-Nique   Mar 21 Jan - 8:29:56


J'ai eu besoin de lever la main. J'ai eu besoin de perdre mes doigts dans ses cheveux épais. Des cheveux plus foncés que les miens, bien plus longs, bien plus épais. Je sens.. chacune de ses mèches glisser le long de mon derme en une caresse lente, charmante. Comme de l'eau fraîche apaiserait la brûlure de mes mains usées. J'ai l'impression de sentir encore le soleil du désert impitoyable sur ma peau. J'ai chaud. Je suis en sueur. J'écarte légèrement mon col. Mes lèvres gercées, comme asséchées, s'entrouvrent. L'air passe, mais siffle quand je l'expire. Quelque chose me gène. Une boule, dans la gorge. Les remords. Les regrets. Est ce que vous connaissez ce que l'on nomme le nœud des vipères ? Toute cette boule constituée de serpents emmêlés les uns aux autres, les condamnant à une des morts les plus affreuses qu'il soit...  J'ai l'impression d'en avoir avalé une. Je sens les reptiles frotter leurs écailles rugueuses contre mes chairs. Leurs corps froids, solides, pressent contre les parois de ma trachée artère. Ils se nouent à mes cordes vocales et commencent à lentement les broyer sous un étau impitoyable. Par instants, les larmes envahissent mes yeux. Un certain désespoir me coupe le souffle. Puis mon cœur ralentit, le calme revient, l'espace d'un instant. Le temps d'une inspiration, d'un clignement d'yeux. Mon rêve cherche à me ramener. Il me tire. Il s'accroche. Veut me noyer dans cette eau croupie que je fuis depuis des années.

Celle de mes souvenirs, de toute cette vie que j'essaye d'ignorer. Je me sens las comme jamais. Mon corps se fait vieux. Des cheveux blancs se mêlent à mes mèches. La fatigue se fait de plus en plus présente. Depuis quelques mois, mes lunettes ne me suffisent plus pour lire le soir. Mon âme semble suivre cette usure. La souffrance de mes patients me touche de moins en moins. Leur peine ne m'affecte plus autant qu'avant. Mon esprit est si effiloché que le moindre appel à l'aide est comparable à cette main qui tire sur un fil. Le fil d'un pull, le bout de laine d'une écharpe, auquel il suffit de s'accrocher pour progressivement réduire le vêtement à néant. Je leur consacre toute mon énergie. Mais je ne parviens plus à récupérer. Je m'étiole. À croire que je suis atteint d'une maladie, moi aussi. Il ne manquerait plus que cela... Mes yeux cherchent continuellement ceux de Loras. Comme si je voyais en eux une source capable d'abreuver mon âme asséchée. J'ai besoin de tendresse. J'ai besoin d'affection.

Un besoin physique qui s'allie à ma souffrance psychique. J'ai envie de sentir son étreinte, son corps doux contre le mien. J'en ai honte. Je dois vraiment être désespéré. Mes yeux basculent sur le côté à cette idée et je toussote un court instant pour me libérer les bronches. Je pense avec déjà une certaine nostalgie au contact de ses boucles blondes le long de ma peau. À son ravissant sourire, ce sourire qui éclaire totalement son visage et le rend plus radieux que jamais. Je me mords un peu la lèvre. Suis-je donc... Amoureux ? Je ne sais pas. Comment puis-je aimer un homme ? Surtout que Loras m'énerve bien souvent ! Je m'exaspère régulièrement de ses petits sons étranges, de son agitation... Mais, à la fois... Il m'est impossible de m'en passer. De me passer de lui. Je guette ses pas dans le couloir. De sa silhouette dans la cuisine quand je passe devant la porte. Je rêve de glisser mes mains le long de sa taille jusqu'à attraper ses hanches, le plaquer contre moi. Enfouir mon visage dans ses lourdes boucles d'or et humer son parfum sucré à pleins poumons.

_ Oui... Tu as raison, ça fera toujours des restes, au pire, je concède dans un petit sourire du coin des lèvres. Mais je reste dérangé par mon cauchemar. J'en ai l'estomac encore un peu noué... Et c'est alors qu'il se glisse dans mes bras. Stupéfait quelques secondes, je referme mon étreinte sur ses épaules. Une de mes mains s’évade dans ses cheveux de nouveau. L'autre reste au creux de son dos et le garde plaqué contre moi. J'ai besoin de sentir la pression de son corps sur le mien. Mes yeux se ferment alors qu'un soupir franchit mes lèvres. Il est si... tendre. Si doux avec moi. Je crois que je pourrais même en avoir les larmes aux yeux. Je me sens comme un gamin fatigué.. Ce genre de gosse qui chouine pour qu'on le câline mais qui finit par tomber dans les bras de Morphée dès qu'on le prend dans nos bras.
_ Ne te détache pas, je lui murmure même en fin de compte. Un frisson me saisit et je resserre mon étreinte sur son corps. Je glisse mon nez dans ses cheveux et j'abandonne un petit baiser, du bout des lèvres, au niveau de son front. Mon cœur bat plus vite, plus fort dans ma poitrine, mais je n'y fais pas même attention.. Je sens enfin mes muscles relâcher leur tension au contact de son corps contre le mien.


Dernière édition par Ludwig Undume le Mer 6 Aoû - 11:39:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pique-Nique   Sam 8 Fév - 9:37:32


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Kupo…
Kupo je me sens tout bizarre… Il a l’air triste et il me fait même des bisous… Ludwig n’est jamais comme ça et j’ai peur de ce qu’il lui arrive… Alors je reste bien contre lui comme il me l’a demandé, je repense à ses lèvres sur ma peau un petit instant et un sourire s’échappe une fois de plus. Ses mains dans mes boucles… C’est agréable aussi, kupo. Mais j’aimerais bien qu’il pose ses doigts sur mes hanches ou sur mon bidou qui presse actuellement le sien… Je crois que j’ai encore grossi. C’est bizarre qu’il ne me dise rien, les médecins passent pourtant leur temps à me gronder parce que je prends du poids, mais lui, il ne dit jamais rien. Lui il ne me dit jamais rien et le regarde même parfois. Un jour, il risque de vraiment me gronder si ça se trouve, et je vais devoir tout perdre d’un coup ou il ne voudra plus être mon ami… Je n’espère pas. Moi je veux qu’il m’aime même si j’ai un beau bidou rond, surtout si j’ai un bidou rond même ! J’apprécie être comme ça, moi. Je me sens moi-même. Je me sens bien, je me sens tout heureux. Kupo… Ca me donne faim de parler de mon ventre, je crois bien. Je n’ai pas mangé autant que d’habitude ce matin alors du coup, mon petit bidou fait du bruit…

    « Kupo ?  »


Je relève doucement les yeux vers lui avant de mieux me presser contre son corps, manquant de nous faire tomber en arrière. J’ai un rire gêné et j’embrasse aussi sa joue avec quelques rougeurs, puis surtout avec lenteur. J’espère qu’il ne m’en veut pas d’avoir fait ça, mais je me suis dis kupo que si lui pouvait me faire des bisous, alors moi aussi je devais pouvoir, non ? Ca n’a rien de méchant… Puis c’est bien, les petit bisous ! Kupo ! Je m’installe un peu mieux pour bien être contre lui alors. Je crois que j’ai vraiment envie de le voir sourire et j’ai envie de le voir heureux. Je veux le rendre heureux comme lui sait le faire avec moi parfois, quand il vient simplement dans la cuisine pour me dire bonjour. Moi c’est des choses comme ça que je veux lui donner ! Du bonheur ! De la joie !

    «J’ai pensé à préparer plein de plats que tu aimes… Et j’ai peur d’avoir un peu raté mon dessert quand même alors j’en ai fait plusieurs aussi… »


Petit aveu timide alors que je ris encore, relevant les yeux vers lui, mettant mes lunettes en place un instant.

    «Ca va mieux, Kupo ?   »


Pourquoi est-ce qu’il ne me répond jamais quand je lui demande si ça va ? Il va pas bien, kupopo ? Enfin… pas un petit peu mieux ? Je le fais alors basculer doucement sur le dos et je grimpe sur lui pour bien me blottir contre son corps, tout sagement, refermant bien les yeux. Il m’a dit de ne pas me détacher alors je ne le ferai pas. Je n’ai pas envie de le faire… Je suis bien contre lui…  Je dépose encore un petit bisou sur sa joue et je redresse la tête pour le regarder.


    «Tu sais, kupo… Quand tu vas pas bien, faut venir me voir. Je te ferai à manger et des calins !   »



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MessageSujet: Re: Pique-Nique   Mer 6 Aoû - 11:40:03


Je sens ses lèvres se déposer doucement sur ma joue... Je souris légèrement du coin des lèvres. Je suis loin d'être habitué à ces démonstrations d'affection. Surtout qu'elles se répètent à plusieurs reprises. Leur velours presse ma peau pas aussi douce que la sienne. Leur chaleur me surprend, mais est loin de me déplaire. Je tourne les yeux vers le panier, tout ce qu'il contient, et tend d'ailleurs la main pour sortir un des plats. Je retire le papier qui le protège et m'étonne d'y trouver des sushis soigneusement alignés... J'en prends un du bout des doigts pour le glisser entre mes lèvres et offrir de nouveau un sourire à Loras. Manger me fera peut être du bien. Sa présence, en tous cas, m'y aide. Je soupire légèrement en m'installant un peu mieux sur l'herbe. Un scientifique comme moi ne devrait pas se rapprocher d'un patient... Oh et puis tant pis... Et si jamais la maladie dont il souffrait était transmissible, j'aurais été atteint depuis longtemps. Comme pour répondre au geste que j'ai porté à mes lèvres, le ventre de Loras produit de paisibles gargouillements. La main que j'ai glissée dans ses cheveux longe alors un court instant sa joue, avant de venir sur sa taille et mon pouce caresse avec application la courbe de son ventre...
Il ronronne d'ailleurs contre ma main comme un chat. Il se plaint probablement d'avoir faim... Ma caresse se fait plus franche, avant que je n'y appose complètement ma main. Mon nez reste dans ses cheveux clairs, épais et bouclés, mon souffle suffisant à ce qu'une boucle remue à chacune de mes expirations. Ses baisers très lents sont tout simplement un vrai délice... Comme de petites injections de tendresse, d'amour, qui finissent d'adoucir mon vieux cœur usé par toutes ces sensations fortes que j'ai pu accumuler. Il bat un peu plus fort, d'ailleurs, en réponse à ses gestes.

_ Ne t'inquiète pas... Et oui, ça va mieux, je lui assure. Ma voix grave est plus assurée. Je relâche son ventre pour de nouveau tendre la main vers l'un des plats. Un rouleau de printemps ? J'esquisse un sourire et tourne les yeux vers les desserts, de même que les autres plats. Il sait vraiment comment me faire succomber à sa cuisine. Je mords dedans avant de le reposer sur une petite assiette que j'avais préparée à côté de moi. J'aime le contact de la peau délicate du riz, le croquant des pousses de soja, la douceur de la chair du poulet qui s'allie au goût bien prononcé de la menthe. Il est étonnant de voir à quel point s'étendent ses talents en cuisine. Il sait parfaitement doser le moindre ingrédient, allier les sauces aux viandes, aux poissons, en préparer de nouvelles... Dire que je n'ai toujours été capable de simplement faire que des œufs sur le plat, des omelettes, ou le grand classique, des pâtes au beurre. La cuisine n'a jamais été une priorité pour moi, ni même me nourrir. C'est un besoin avant d'être un plaisir. Mais Loras m'apprend à lier les deux. Ma balance se fait un plaisir de me l'indiquer. À cette idée, je rentre un peu le ventre et le tapote légèrement dans un soupir, avant de remonter ma main dans mes propres cheveux coupés plus courts.

Je tourne les yeux quand il presse légèrement mon épaule. Je braque vers lui un doux regard cependant interrogateur, et lève un sourcil, avant de les froncer sur mes yeux clairs. Mais il insiste. Alors je force mes muscles au bas de mon dos de relâcher leur tension et bascule sur le sol dans un petit grognement. Je ne suis plus aussi jeune qu'avant, ma souplesse commence à quitter mon corps et à délaisser mes articulations rouillées. Je tourne les yeux vers le ciel bleu et retiens mon souffle quand il s'installe sur moi. Oh, à ce point... ? J'hésite mais referme de nouveau mes bras autour de sa taille. Je le serre contre moi et relâche alors mon souffle de même que mon ventre. Je remonte mes mains le long de son dos, longe ses hanches que je pince affectueusement entre mes doigts, en un geste très tendre, pour ne pas non plus lui faire de mal.
_ Oui, je sais... Hm... On devrait peut-être manger avant de rameuter toutes les fourmis du pré..., je souffle finalement, un peu mal à l'aise face à cette étreinte.
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